NANTUA Chemins d’histoire et de légendes

Comme vous le savez, certains chemins se modifient, se transforment, ou disparaissent, d’autres se créent pour faciliter la communication entre les êtres humains, il en est de même pour les histoires et des légendes, qui fluctuent au gré des idées où des pertes de mémoire. Notre ambition aujourd’hui est de vous faire partager un moment agréable sur l’histoire de NANTUA telle que nous pensons la connaître aujourd’hui sur des chemins qui ne seront peut être plus existants demain. Nous vous demandons la plus grande indulgence et pour que la journée soit bénéfique pour tous, n’hésitez pas à compléter nos lacunes ou nos omissions ou même, à nous contredire si besoin.

1) Gare altitude 480m utilisée de 1882 à 1990 fermée en même temps que la ligne SNCF, ex PLM, ex Cie des Dombes et des Chemins de Fer du Sud-Est. Une nouvelle ligne TGV dite des CARPATES réutilise le tracé depuis le 12 décembre 2010, les quelques arrêts programmés du TGV à la gare de NURIEUX toute proche, amènent les HAUT BUGISTES dans la capitale en 2 h 47.

2) A droite, sur la baie vitrée, vous pouvez voir une Abeille en fer forgé ; vous êtes ici devant la porte de l’imprimerie de l’ABEILLE DU BUGEY et du PAYS de GEX ou Auguste ARENE imprimeur depuis 1835, puis son fils Julien jusqu’en 1944, imprimèrent leurs idées politiques puis leurs chroniques d’économie régionale et d’histoire locale. Cette famille est résolument du HAUT BUGEY car si nous avons tous connu, lu ou entendu la petite fille Delphine ARENE, grande poétesse et chantre du PLATEAU de RETORD décédée en 1975, le grand-père Auguste ARENE avait déjà chanté l’amour de nos montagnes dans un poème en 1843 intitulé :

LA BUGEYSIENNE : Dans ce vallon, non loin de l’Helvétie. Fiers montagnards, assemblons nous, le soir : Du lac d’azur la brise nous convie, Après le jour, il est doux de se voir ! Quand nos accords, du milieu des montagnes, Partent en chœur, pour voler vers les Cieux, L’oiseau se tait, dans nos belles campagnes. Les échos seuls disent nos chants joyeux.

A votre aspect, cascades écumantes, Se sont émus les bardes des Gaulois, Et des Romains les aigles triomphantes Ont pu goûter la fraicheur de nos bois. Monts sourcilleux, le peuple qui s’éveille Fera crouler vos terribles donjons Quand vient la nuit, le pâtre en paix sommeille Libre et content, il dit dans nos vallons

O Bugey, ma patrie, Pour toi, terre chérie, Faisons des chants d’amour, toujours, Toujours. Si la France asservie Réclamait ses enfants, Tambours, battez aux champs Montagnards, en avant !

3) Usine de Filature : Depuis très longtemps on connaît la filature de coton de NANTUA, le travail se faisait au rouet on parvenait à filer des cotons depuis le plus bas n° jusqu’au n° 120, la prospérité ne fut pas de longue durée, on s’aperçut bien vite qu’un grand nombre de fileuses avaient la mauvaise foi de raccourcir les écheveaux, en rapetissant les dévidoirs pour obtenir des n° plus élevés. En 1764 un nommé LEBRUMENT ouvrier à LYON vint se fixer à NANTUA et monta quelques métiers de tissage. On y fabriquait des mousselines claires, des velours pleins et cannelés, des toiles de coton façon de nankin qui soutiennent avantageusement la concurrence avec ceux de ROUEN ou la filature se fait à la mécanique. Le coton filé au rouet a l’avantage d’avoir plus de finesse et plus de nerf.Au point qu’en 1789, il y avait près de 100 métiers battants dans six fabriques. La production annuelle était de 3000 pièces de nankin de 36 mètres de longueur sur 3 décimètres de largeur.

4) Lac VISSEL : En 1704, TANNEGUY de MASSAC mourut et délivra les religieux de NANTUA de son joug arbitraire et processif. En parlant des droits de pêche dont les religieux se prétendaient frustrés, TANNEGUY de MASSAC s’exprimait ainsi à propos du lac VISSEL qu’on appelle aujourd’hui LAVISSEL. « Quant à la pêche du LAC VISSEL, on ne s’étonne pas qu’ils se contentent de si peu, vu qu’ils n’ont la permission que d’y pêcher un jour de chaque année, le JEUDI SAINT. Il serait à souhaiter que l’eau de cette fosse pût faire de tels effets sur les ignorants du prieuré qu’elles ont fait par miracle sur les insensés que l’on y baigne avec succès » Pour bien comprendre l’ironie de cette dernière phrase, deux explications sont nécessaires : l’une sur le LAC VISSEL, l’autre sur la vertu que l’on prêtait à ses eaux.

Ce petit amas d’eau, qui a à peine cinquante pieds carrés (environ 5 m2), formait jadis un petit lac et était alimenté par la DOYE qui venait directement de sa source au lac, en creusant profondément le sol à l’endroit où les eaux de cette source abondante s’écoule nuit et jour et servent par leur pureté le lavoir public. Il y avait autrefois un ravin de plus de 10 mètres de profondeur, et les eaux rencontrant celles du lac et le cours du MERLOZ refluaient sur elles-mêmes, et formaient une vaste nappe à laquelle on donna le nom de LAC VISSEL.

Autrefois, le 27 novembre, jour de la fête de ST MAXIME, dont l’église paroissiale gardait, dit on, les reliques enfermées dans une châsse d’argent massif, se formait une longue procession en tête de laquelle étaient conduits, ligotés, tout les aliénés de la ville et des environ. Parvenue devant ce petit lac, la foule implorait la miséricorde divine, tandis que l’on précipitait les malheureux dans l’eau glacée. Cette immersion produisait parfois des réactions salutaires, dans cette hypothèse le miracle était fait ; dans le cas contraire, on accusait son impiété antérieure ou celle de sa famille.

5) Canal du MERLOZ : Le canal de dérivation du MERLOZ, qui commence à hauteur de l’hôpital, traverse la ville, et se jette dans le lac à hauteur de l’hôtel l’Embarcadère, face à la rue du Petit Port, alimentait les tanneries, scieries, moulins et autres usines établies sur ses bords. Entre autres des fabriques de souliers, de peignes et tabatières en corne, une filature de soie et de coton. Nous trouvons la trace de ce canal d’alimentation, en 1790 lors de l’acquisition par les sieurs DOMMANGE et consorts, (biens acquis nationalement un an après 1789 sur les bénédictins du prieuré de NANTUA) et le 21 décembre 1830 sur un différent entre les mêmes sieurs DOMMANGE et Madame CALVET sur le droit d’aqueduc qui se termina en cour de cassation.

6) Villa de 1900, propriété d’un membre du clun de retraite sportive de  NANTUA-MONTREAL dont nous tairons le nom, et aussi (selon les informations de VAGABOND’ART 2015) le lieu de naissance du soldat inconnu.

A propos d’information qui peut nous donner des informations sur la toponymie de NANTUA ?

Plusieurs versions s’opposent :

La première avec un livre d’histoire à la main prouvent que les NANTUATIENS descendent des ANTUATES ou NANTUATES (l’un des 4 peuples celtes habitant le VALAIS au second âge du fer de 450 à 25 avant J.C.) dont parle CESAR dans ses commentaires.

La deuxième version voit un mot composé celtique NANT (du gaulois NANTO qui signifie vallée) (en Savoie et en suisse NANT désigne un ruisseau ou un torrent dans un vallon encaissé.) Et le mot DOYE (en suisse romande et en Savoie c’est généralement résurgence) donc NANT-DOYE

La troisième version vient d’une lettre du roi CHILDERIC, fils de CLOVIS II, qui accorda à SAINT AMAND vers 670 un lieu appelé NANTOACUM

D’autres noms viennent des chartres d’affranchissement et de redevance après 750 : NANTUADIS, NANTOÏDIS, NANTOACUS, NANTUACUS, NANTOACUM.

La ville est aussi nommée NANTOACI en 757, NATUADIS en 817, NANTUADENSES en 885.

Les formes romanes se stabilisent autour du type NANTUAS au XIIIème siècle.

Et enfin NANTUA

Nous vous laissons le choix de l’origine du nom, pour notre part, et pour vous perturber un peu plus, nous préférons celle de NANTUAIUM dans le livre V du CODEX CALIXTINUS de 1160, relative à l’accueil des Pèlerins de Compostelle que nous vous commenterons à 20 h, ce soir à la salle de l’EDEN.

7) Le chemin coté nord emmenait directement aux abattoirs du temps ou le champ de foire de NANTUA remplissait son office tout les lundi et ce jusque dans les années 1950 ; l’activité économique de NANTUA était importante puisqu’il fallait approvisionner uniquement à NANTUA : 7 bouchers, 3 charcutiers, et les métiers gravitant autour de ces commerces : 10 cafetiers, 9 restaurateurs , 2 hôtels , 5 magasins de vins en gros, 1 tonnelier, 3 bourreliers , 2 cordonniers, 1 marchand de corne, 2 maréchaux-ferrants.

A l’est, le chalet des patineurs et le parc des patineurs, jusqu’au début de la dernière guerre, les NANTUATIENS durant l’hiver barraient la rivière LE MERLOZ pour inonder la prairie à hauteur des terrains de tennis en profitant de l’ombre du SIGNAL et du peu d’ensoleillement en créant ainsi un espace ludique dédié au patinage. Les hivers devenant moins rigoureux, le chalet des patineurs a changé de nom et de fonction au profit du chalet des campeurs servant même pendant plusieurs années d’école ou officiait entre autre Jean-Pierre RAVIER, frère de Michèle notre responsable GYM au club de RS.

Ce lieu était nommé aussi le pré à l’OURS, les mauvaises langues de la rue des ECHATOUTS (ancienne rue st MICHEL et poissons du lac) prétendent que sur ce lieu fût abattu le dernier OURS lors d’une battue ordonnée par le sous-préfet qui souhaitait sur les recommandations de son barbier stopper la chute de ses cheveux par des onctions de graisse d’ours frais. La garde Nationale, les Pompiers, la Gendarmerie, les Gardes Forestiers, les Gardes Champêtres, les Préposés à l’Octroi y prirent part. L’ours qui était inoffensif et qui mangeait des framboises ne s’enfuit pas, il reçu 20 balles en plein cœur à bout portant. Cette mauvaise action ne porta pas bonheur à ces auteurs, tous ceux qui avaient tiré sur l’ours eurent des maladies physiques ou morales. Quant au sous-préfet, il eut beau se pommader avec la graisse de l’ours, il devint aussi chauve que Charles l’empereur mort à BRION, et se vit forcer de porter une perruque.

8) La Vierge de NANTUA appelée aussi Notre Dame de ST AMAND fut érigée au moment de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par Pie IX, 200 paroisses répondirent à l’appel de Pie IX et eurent à cœur de commémorer l’événement. Un modèle de statue fut proposé par le sculpteur lyonnais FABICH, Marie couronnée, ouvrant les bras. La Vierge de NANTUA est érigée au dessus de la Fontaine dite de SAINT-AMAND en 1854 en même temps que la Vierge de CARMIER de CERDON et celle qui domine le Château de VIRIEU LE GRAND.

Le chemin du sud emmène au Signal des Monts d’Ain. Le chemin du nord ouest vous emmène dans des lieux aux noms enchanteurs, les Roches d’Au-Delà, les Doigts du Diable puis sur le plateau de CHAMOISE, le puits perdu où la sorcière de SAINT-MARTIN précipita le troupeau de la bonne bergère SINETTE.

9) L’histoire de SAINT AMAND (2 versions au choix dont 1 plus poétique par Claude)

A)

Vers l’an six cent soixante et dix de l’ère chrétienne

Il était un endroit plus Géhenne qu’Eden,

Où des jours sont comme nuit, des brouillards terrifiants,

Une gorge de montagne n’ayant ni maître ni nom,

Rude, sauvage, glaciaire, fallait être vaillant

Pour s’établir y vivre, un trou au pied des monts.

Juste une petite nappe d’eau, prairie de pauvreté,

Trop étroite pour l’épi, des oiseaux désertée.

Seulement quelques pêcheurs pour habiter ces lieux,

Des cabanes en roseau ou bois mort pour demeures,

Mais quand même une chapelle car ils étaient très pieux.

Elle était si secrète que jamais voyageur

N’emprunta le chemin pour y aller prier,

Les seuls qui passaient là venaient seulement chasser.

L’évêque de Maastricht, Amand, très fatigué

D’avoir toute sa vie la bonne parole prêché,

Séduit par la beauté sauvage et le silence

Décida dans ce site de stopper son errance.

Par le pêcheur André, accueilli chrétiennement,

Il lui souhaita d’avoir sa prochaine pêche heureuse,

Dans les filets des autres, l’poisson était absent…

Alors que pour André, la pêche miraculeuse.

Amand alla en cour du roi franc Childéric

Implorer la cession du terrain désertique,

Après six mois revint, avec un arrêté

Royal lui accordant en toute propriété

Cette terre dite d’Hénon ou encore Nantuacum,

Mais l’gouverneur d’Orinte, un certain Momulus

Qui s’en croyait seigneur déboursa une grosse somme

Pour faire occire Amand, le frapper au plexus

Par quatre de ses sbires, des officiers cyniques

Meribaud et Euleff, Osgon et Aldaric.

Alors qu’ils s’apprêtaient à commettre leur forfait

Un éclair effroyable s’en vint les éblouir,

Apeurés, aveuglés, complètement défaits,

Ils embrassent Amand, ne songeant pas à fuir,

Implorant son pardon, ils décident pénitents

D’être les premiers moines du monastère d’Amand.

Le saint homme à Nantua décéda humblement

Au bout d’une longue carrière emplie de dévouement.

La fontaine St Amand sourd au pied des Monts d’Ain

Là où pure, elle jaillit de son bâton d’ pèlerin,

Indication divine pour lieu du monastère

Qui, bâti tout autour connût des jours prospères.

B)

Vers l’an 670 de l’ère chrétienne, il parut à la cour du vicieux CHILDERIC II, roi des Francs, un saint évêque, implorant cession d’une gorge de montagnes, qui n’avait pas plus de maître particulier que de nom. Un ruisseau, dont le nom a peu changé, le MERULUS ou MERLOZ, hâtait son double cours à travers le peu de plaine qu’il y avait, et finissait au lac. Au coin le plus reculé de l’enfoncement, sous la pente des monts de clôture, coulait tout-à-fait pure, une source abondante, à laquelle NANTUA doit son nom. C’était le NANT, aujourd’hui la DOYE, quoique ce ne soit pas celle que le peuple nomme la Fontaine de SAINT-AMAND, mais une autre à laquelle la tradition assigne un prodige.

SAINT AMAND, né dans le BAS POITOU en 584, mena d’abord la vie du cloitre près de LA ROCHELLE. Il vint de là, visiter à TOURS le tombeau de SAINT MARTIN ; il y déposa sa chevelure, se vouant ainsi au sacerdoce, dont il prenait l’humble et perpétuel insigne. Plus tard, il se rendit à BOURGES, y passa quinze ans dans une cellule, puis il fit un voyage à ROME.

Après son pèlerinage à ROME, il entreprend ses pérégrinations missionnaires à travers la GAULE, lorsqu’il avait fondé une communauté chrétienne, il la laissait entre les mains de quelques moines, et allait de l’avant. Pressé à la foi par les rois, SAINT AMAND se soumit à gouverner l’église d’UTRECHT, les gascons l’eurent ensuite comme apôtre. Sa dernière mission fut d’extirper les superstitions qui déshonoraient la religion chrétienne au sein des montagnes du BUGEY : à cet effet, il fonda le monastère de NANTUA ; il l’établit sous la règle de SAINT BENOIT, parmi les pêcheurs.

Dans ce désert, pourtant la haine d’un dignitaire envieux, MUMMULUS évêque de la ville d’OZINDIS, voisine de NANTUA, lâcha contre le cénobite des assassins gagés. Ils le surprirent seul, sur la roche. Et comme ils allaient l’égorger, ils furent plongés dans les plus épaisses ténèbres, et survinrent, dit la légende, le tonnerre et la tempête : croyant le ciel armé contre eux, ils embrassent les genoux du saint qui leur pardonne et les change. OZINDIS aujourd’hui est un problème, si ce n’est celles des ruines d’IZERNORE. C’est sans doute tout près de la petite plaine, riche d’agréments, où coulent encore l’OGNIN et le LENGE , ONIX et LENGIS en latin dans la légende. Moins chargé d’années que de fatigues, il mourut humblement à NANTUA vers l’an 671 de l’ère chrétienne, au bout de la longue carrière d’un saint dévouement au ciel et à l’humanité. Une chapelle de l’église porte toujours son nom, mais la place de ses ossements est inconnue. Il faut préciser que si SAINT AMAND (dit de MAASTRICHT) est considéré comme le fondateur de l’église en Belgique, il est mort AUSSI à ELNONE vers 679. D’autres arguments : erreur de date, similitude de noms et de lieux laissent à penser aux historiens que les bénédictins se servaient de fausses lettres, pour assoir leur notoriété. L’ignorance du temps laissait passer l’erreur. Le parchemin en imposait à la masse illettrée. L’adage est toujours vrai « il faut bien que cela soit vrai puisque c’est imprimé » Quel est donc le fondateur de l’abbaye ? Nous répondrons, comme la GALLIA CHRISTIANA : Ce fondateur est INCONNU.

10) L’écluse le MERLOZ : A cet endroit le canal de dérivation du MERLOZ commence pour se jeter dans le LAC VISSEL. Le droit d’aqueduc est maintenant bien mis à mal. La Dame CALVET qui avait construit sa buanderie sur le dit canal a du faire des émules….Nous voyons aujourd’hui qu’il est bien difficile pour le propriétaire actuel de répondre aux exigences du droit d’aqueduc qui entraine le droit de passer sur les fonds riverains pour le curage du lit et pour les réparation des chaussées.

11) L ‘hôpital : Si certains d’entre vous ont le numéro 01 269 après les 4 premiers chiffres de leur numéro de Sécurité Sociale, et que vous êtes né en 1929 ou après, il y a de fortes chances que vous soyez né dans cet établissement.  Plusieurs membres du club de retraite sportive, infirmiers, (res) aides-soignants (tes), secrétaires, administratifs, coiffeur, y ont travaillé, certains  avec des chirurgiens de renom.

Un « hospital » est cité dès 1263, régi par l’aumônier de l’abbaye. Ce n’était alors qu’un refuge pour les pèlerins et les voyageurs. On perd ensuite sa trace. Mais en 1693, LOUIS XIV approuve «  la chambre des pauvres »ou « Société des Dames de Charité » créée en 1687 par trente Dames de NANTUA. Ces Dames étaient chargées de « visiter, soigner les malades, de leur préparer des bouillons et tisanes et autres remèdes. Cet établissement durera jusqu’à la révolution puis fût remplacé par la «  Commission municipale d’hospice civil »Il faut attendre 1838 et une épidémie de choléra pour que finalement un bâtiment soit véritablement affecté à l’usage hospitalier. L’emplacement se situait dans l’actuel immeuble des Eaux et Forêts où étaient reçus civils, militaires, malades à l’exception des femmes enceintes, des contagieux et des vieillards. En 1885, un hospice fut crée par suite d’un legs. On commença en 1911 la construction d’un nouvel hôpital mais c’est en 1928 que les premières opérations purent être effectuées dans les nouveaux locaux.

Voulez-vous connaître le menu de l’hôpital en 1943 ?

Pain : 750grs vin : 1/2 litre Déjeuner et souper : lait, beurre, fromage ou pruneaux. Diner : 1/2 litre de bouillon, 130grs de viande légumes frais ou secs, ou bien riz et poisson.

12) Le chemin de ronde était avant la création de la route nationale, le seul chemin permettant aux voyageurs de la route LYON GENEVE de traverser NANTUA, ce chemin redescendait vers la porte de la LATTE mentionnée en 1534 et la tour du même nom entre le palais de justice et l’église actuelle où nous passerons tout à l’heure. C’est vraisemblablement ici que l’on trouvait l’entrée sud de la ville dont les habitations groupées autour de l’abbaye étaient protégées parde grosses tours et des remparts précédés de fossés. On pense qu’un bras du MERLOZ transformé en canal de dérivation par la suite était la limite Ouest de l’Abbaye et coulait dans un fossé le long des remparts. Un château défendait par le nord l’entrée de NANTUA et une tour près de l’actuel cimetière fermait l’entrée sud.

13) En l’an 1300 avant J.C. les KYMRIS (ou CIMBRES) de même race que les CELTES (qui vient de COËLTE : forêt) GALLS ou GAULOIS poussèrent les AMBRA (qui veut dire vaillants ou nobles ou encore OMBRES) vers l’Italie, ces peuples étaient nomades et se nourrissaient dans les forêts de sangliers et autres animaux de haute taille. Ils tiraient leurs origines de la race Indo Germanique et venaient comme les HELLENES et les LATINS des plateaux de la Haute Asie. Ces peuples avançaient de refoulement en refoulement. C’est à cette époque aussi, que probablement eut lieu la formation des différentes nationalités gauloises, qui lassées d’émigrer furent obligées de cultiver le sol qu’elles occupaient, et abandonnèrent la vie nomade quittant le nom AMBRA pour en prendre d’autres plus en rapport avec les lieux qu’ils habitaient. Le HAUT BUGEY échut au SEQUANAIS qui tiraient leur nom de la SEINE (SEQUANA) qui vient du celtique SEACH (sinueux, eau, rivière). En 100 avant J.C. les Gaulois séquanais et les EDUENS commencèrent une guerre à prépondérance commerciale qui devait faciliter la conquête romaine. En 58 avant J.C. les séquanais fournirent un passage aux HELVETES qui abandonnaient leur patrie pour émigrer au SUD OUEST de la GAULE. Après 10 ans de luttes acharnées HELVETES, EDUENS, SEQUANAIS et ARVENNES se soumirent aux vainqueurs qui les façonnèrent à leurs mœurs et à leurs lois. Pendant 5 siècles de domination le paganisme EGYPTO-GRECO-LATIN remplaça doucement, puis avec violence le druidisme dont tous les prêtres furent massacrés.

Au dessous de nous, existait dit-on, la tour « d’ALLEYME » gardant l’entrée sud de la ville, et commandant la porte de « LAVICELLE ». En ce lieu, les trouvères se réunissaient pour entendre, devant les portes de la tour, le souffle de la FEE DES FECLES reprendre en écho les doux vers que voici :

Au parvis de la tour, chassant la pâquerette,

Claude, l’aède, un jour surprit Elisabeth

Surcot noir en velours, résille en mignonette.


 

Le soleil, sans atours, sculptant sa silhouette,

Troubla le troubadour qui à sa face jette

Ses plus beaux mots d’amour, produits de sa cueillette.


 

Elle répond à ses feux, par un refus nourri,

Mais par la grâce de Dieu le non devint un oui

En ses bras audacieux, la belle s’évanouit.


 

Un long baiser fougueux réchauffa l’égérie,

Ce moment délicieux fût béni dans un cri

Que l’écho malicieux, sur le lac répandit.

14) Piste de ski de descente sans remonte pente bien sûr limité au sud par un muret.

15) Grand Contour promenade dominicale des NANTUATIENS qui pouvaient admirer le lac de la grange HENRI jusqu’au grand contour tout en profitant des derniers rayons du soleil.

16) Le viaduc de NANTUA a une longueur de 1003 mètres, il est formé de deux viaducs distincts permettant les deux sens de circulation. Il est soutenu par des piles mesurant 46 et 77 mètres de hauteur, hauteur à laquelle on sort du tunnel de CHAMOISE. Chaque ouvrage possède une dizaine de piles, elles sont constituées de caissons coulés en place à l’aide d’un coffrage grimpant et les fondations ont été coulées entre 14 et 21 mètres de profondeur. Le premier tablier a été mis en service en 1985 et le 2ème en 1996. Le tunnel de CHAMOISE est constitué de 2 tubes de longueurs de 3300 m pour le tube nord et 3264 m pour le tube sud.

LES BATTOIRS, nom laissé à ce hameau de NANTUA de par l’utilisation des battoirs à papier qui s’échelonnait le long de la DOYE des NEYROLLES. On les mentionne en 1240, les chiffons ramassés dans le voisinage sont déposés dans des cuves et battus énergiquement au marteau pour être, après manipulations, livré à LYON comme papier d’impression.

Au pied du viaduc, le manoir du PRADON (construit sur l’emplacement d’un « pratum » ou pré au 13ème) détruit par le cyclone de 1927. Une légende persiste pourtant au sujet du mouton noir de PRADON qui traverse les vals et les monts à la recherche des hérétiques, ivrognes ou paillards qui offensent la nuit sainte. La légende dit qu’il les perche sur son échine puis les transporte en une course mortelle jusqu’à l’aube où l’on retrouve ses victimes glacées par la froidure.

17) Point de vue sur NANTUA et son lac, le territoire de NANTUA est presque tout en rocher, car situé entre une déchirure de montagne. Le lac qui s’allonge dans le défilé est une belle nappe d’eau de 2700m de long sur 650m de large , d’une superficie de 150 hectares environ et d’une profondeur moyenne de 45m. La montagne au nord dont les flans sont abrupts présente la particularité de surplomber le vide (LA GRANDE ROCHE) au dessus, on peut apercevoir LA TABLE MERVEILLEUSE, vaste roche plate qui s’avance dans le vide, et qui servait jadis aux festins de GARGUANTUA et de sa famille, aujourd’hui des esprits follets et malins y semblent narguer les voyageurs. Plus près de nous, la roche se fissure en murailles dentelées et échancrées peu distantes de la parois du rocher (LES FECLES) une légende dit que le vide qui règne entre les FECLES et le rocher, encombré de ronces de rocs détachés, et aussi le lieu de séjour de lutins malfaisants qui lancent des pierres aux voyageurs passant à leur portée, une fois la nuit venue.

Sur la même montagne à 1km de NANTUA à moins d’une centaine de mètres au dessus du lac se trouve un rocher détaché de la montagne portant le nom de MARIA-MÂTRE. Deux légendes vous ont déjà été racontées (dont l’une en vers) par notre Animateur RANDO et RAQUETTE du CODERS DE NANTUA Claude JAMBON. Une 3ème légende dit ceci : Une jeune mère et sa fille Marie, sœur et nièce d’un prieur de NANTUA, se promenaient en bateau sur le lac, lorsqu’une tempête s‘éleva. Ces deux dames furent englouties dans la profondeur des eaux, en face de cet obélisque. La tendre affection du prieur pour ces deux infortunées fit tailler sur l’obélisque les traits fidèles de l’une et de l’autre ; de là est venu le double nom de MARIA-MÂTRE. Avons nous besoin de dire que, pendant les gros temps, lorsque les eaux du lac s’enflent et se soulèvent, on entend des plaintes sortir du sein des eaux : c’est la mère et la fille qui réclament des secours.

Les superstitions se sont perpétuées jusqu’à nos jours. Les habitants de NANTUA sont persuadés que la MARIA-MÂTRE préserve la ville d’une inondation du lac. Eux mêmes se qualifient, avec une sorte de fierté, d’enfants de la MARIA-MÂTRE, peut-être qu’une des légendes que Claude vous a contées vous donnera la réponse ; Je vous invite donc à les relire dans la minute culturelle sur retraitesportivemontrealnantua.

Claude nous propose aussi une version de Maria Mâtre mais cette fois chantée

Maria Mâtre paroles Claude Jambon, musique La bohême (Faria Faria Oh) chanson scout

Maria était cuisiniè…è…re à Nantua
Son mari était pêcheu…eu…re à Nantua
Elle était bonne ménagère
Il avait un dur labeur
Ils vivaient en harmonie
Maria et son mari
 
Un jour sous de bons auspi…ices à Nantua
Il ram’na plein d’écrevi…isses à Nantua
Mari…a les cuisina
Dans une tarte les prépara
Pendant qu’il était r’tourné
Au tint’bin pour pêcher
 
Lorsque la tarte fut cui…ite à Nantua
Maria s’dit : <<faut que j’la gou…oute à Nantua
Ce qui se passa ensuite
Mari…a la mangea toute
Il n’en était rien resté
Quand l’mari est rentré
 
Pas l’om….bre d’un échatout ou ou  à Nantua
Il n’avait rien pris du tout ou ou  à Nantua
Dans ses filets y avait rien
Et à manger y’a plus rien
Il dit : <<qu’as-tu fait la mère ?>>
Il se mit en colère
 
Sur la tête de Maria…aa à Nantua
Un coup d’pelle il asséna…aa à Nantua
Sa tête fut tout aplatie
Le reste du corps se fendit
Un œil crevé et perdu
Puis elle devint statue
 
Statue d’pierre elle est figé…é…e à Nantua
Son rocher veille à l’entré….é…e de Nantua
On le nomme Maria Mâtre
Mari…a qui se fit battre
D’avoir été trop gourmande
Ce chant est sa légende !
 

18) Source de Pré Berthet : Il y a plus d’une centaine d’années, le territoire de commune de NANTUA disposait de trois hameaux : LES BATTOIRS, PRADON, et LA CLUSE, ce dernier hameau étant partagé entre NANTUA et MONTREAL, et huit fermes isolées : la Grange des Monts d’Ain, Henry, La Late, Le Montoux, Sur le Mont, Sur Maison, Sur Chevaux, La Tour. L’effectif moyen est d’environ 56 chevaux, 1 âne, 2 taureaux, 40 bœufs, 50 vaches, 15 élèves bovins, 10 béliers, 60 brebis, 45 moutons, 20 agneaux, 25 porcs, 20 chèvres, qui se repartissent sur 1419 hectares dont 67 de terres labourables, 430 de prés et 9 de pâturages et 162 de landes. Il existait de nombreux abreuvoirs, celui de pré Berthet alimenté par la source du même nom, à l’avantage de couler en permanence. C’est ici que nous prendrons le Chemin de SAINT JACQUES de COMPOSTELLE qui passe aussi par les hameaux cités plus haut Le Montoux et Sur Maison.


 

19) Le premier Abbé bénédictin dont il est fait mention dans l’histoire de l Abbaye de NANTUA, et dont l’existence est prouvé dans le GALLIA CHRISTIANA ( encyclopédie en latin) et TETO de 670 à 705. Le 3ème Abbé SIAGRIUS de 750 à 776 est un grand personnage qui assista au sacre du roi PEPIN LE BREF obtint du 1er roi CAROLINGIEN une chartre d’affranchissement des droits de justice et de redevance qui le faisait en outre seigneur suzerain de tout ce que possédait et pouvait posséder l’abbaye, le roi renonçant même à tous droits, servis ou redevances sur le sol ou autres biens du monastère. Le pape Etienne qui, pendant son séjour en France avait apprécié le savoir et le mérite de SIAGRIUS le nomma évêque d’OSTIE et l’emmena avec lui en Italie. Pendant son absence l’abbaye fut gouvernée par le prieur claustral jusqu’à la mort de l’abbé le 24 février 775. Les restes mortels du prélat furent inhumés dans l’église de l’abbaye le 5 des calendes de mars 776.

En 952 ou 954 une invasion des HONGRES jeta la terreur dans le HAUT BUGEY, le monastère fut dévasté les religieux et les habitants prirent la fuite ou furent massacrés et le pays devint un désert. Les abbés de CLUNY, désireux d’agrandirent leur puissance et leur richesse sollicitèrent la cession de l’abbaye ruinée de NANTUA s’engageant à la réédifier. GERBERGE, mère de LOTHAIRE, roi de France, intercéda au nom de CLUNY, la demande de cession eut lieu en le 23 septembre 959. Le 16ème et dernier abbé bénédictin fut SAINT HUGUES de 1049 à 1109, né à SEMUR en 1024, descendant des ancien ducs de BOURGOGNE, fils du comte DALMACE, il entra au monastère de CLUNY à 16 ans confié par les bons soins de l’évêque d’ AUXERRE son grand-oncle. Il fut choisi pour remplacer SAINT ODILON en 1049 comme prieur de la communauté et prit en main les rênes des religieux de CLUNY. Comme SAINT HUGUES avait déjà l’intention de supprimer tous les abbés des autres monastères dépendant du sien, il garda le titre d’abbé de NANTUA et à sa mort, soit 5 siècles et demi après sa fondation, l’abbaye de NANTUA passa du premier au second rang de l ‘institut monastique, comme toutes les abbayes qui dépendaient de CLUNY, elle garda ses privilèges et son indépendance, mais passa du rang d’abbaye à celui de prieuré. Pour la petite histoire SAINT HUGUES mourut à 95 ans, après avoir été abbé 60 ans et a été le contemporain de 15 papes. Le monastère de NANTUA eût 46 prieurs connus jusqu’en 1602 après ST HUGUES. Un bref de suppression du monastère fut lancé en juillet 1788, et la révolution vint terminer la ruine de l’antique prieuré dont la fondation remontait aux temps des mérovingiens. La suppression des bénédictins passât dans cette période inaperçue. L’oraison funèbre de l’un des prieur, conservée dans l’obituaire de l’église, symbolise bien le relâchement de la direction spirituelle «  il but, il mangea, il dansa, il chanta….et ne fit rien pour l’église »

20) Chemin de la LATE et la TOUR de la LATE, on trouve les restes des fortifications et de la tour EST, ces fortifications entouraient la totalité du bourg vers le 13ème qui comprenait l’abbaye, la rue Alphonse BAUDIN et la rue du Collège jusqu’ à l’entrée de la ville au dessus de laquelle  se trouvait le château.


 

21) Prison et Musée de la Résistance : Au début du 19ème siècle la prison et le palais de justice étaient situés sur l’emplacement de l’ancien logement du doyen du prieuré. Vers 1834, les autorités envisagent de le reconstruire à neuf sur le site de l’ancienne église SAINT-MICHEL et du cimetière qui jouxtait l’abbatiale. La prison est achevée en 1847 mais l’humidité, l’étanchéité, et les évasions se multiplient. En 1854 l’administration juge la situation catastrophique. C’est un bâtiment de taille modeste (27 détenus) qui est construit dans l’urgence. Les premiers transferts de prisonniers sont effectués en 1864. Les registres d’écrou mentionnent surtout des contrebandiers, vagabonds et voleurs pour les hommes et des infanticides pour les femmes. En 1930 la maison d’arrêt abritera des réfugiés espagnols. Le 14 décembre 1943, les détenus de la prison sont emmenés avec les hommes valides de 18 à 40 ans par les troupes allemandes. Près de 150 personnes sont ainsi convoyées vers COMPIEGNE avant d’être déportées. La maison d’arrêt est supprimée par décret du 28 avril 1934 mais la maison de correction est maintenue. L’établissement fermera ses portes en 1953, pour servir entre autres de salle d’entrainement aux pongistes et aux judokas. Le 12 Aout 1985 le Musée d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de l’Ain et du Haut Bugey ouvre ses portes. Actuellement en rénovation il ouvrira peut être en Avril 2017.

22) Nous sommes dans la cour du cloître de l’ancien prieuré qui nous donne une idée de l’ensemble architectural de l’ABBATIALE avec ses arcs boutants à gauche. En face le chapitre. Dans la petite cour, la maison du prieur claustral, jardin et écuries. A droite, maisons, jardins, vergers et greniers du prieur commendataire; derrière nous la cour totale du prieuré.

L’ABBATIALE mérite une visite à elle seule tant il y a à dire. Elle date du 12e siècle, c’est l’ancienne église du prieuré qui a remplacé l’ancienne église paroissiale détruite en 1790. Cette église, endommagée par un incendie en 1803, fut rendue au culte en 1806. Elle est de style roman, le clocher beaucoup plus récent est du style Byzantin. Le portail est classé malgré les mutilations, L’intérieur renferme un retable en marbre dans la chapelle st Anne, un maître-autel en marbre venant de la chartreuse de MEYRIAT, un large buffet d’orgue Classé et ses 2880 tuyaux, et des tableaux intéressants dont un d’Eugène DELACROIX. Charles le Chauve, mort en 877, y fut inhumé avant d’être transféré à ST DENIS sept ans plus tard. Charles, frappé de fièvre par empoisonnement le 25 septembre, fut transporté à dos d’homme depuis l’Italie jusqu’en Maurienne en passant par le Mont Cenis. Le 6 octobre, il rendit l’âme dans une misérable hutte à « BRIOS » entre le Mont Cenis et St Jean de Maurienne. Ces hommes ouvrirent son corps, retirèrent les intestins, versèrent à l’intérieur du vin et des aromates dont ils disposaient, placèrent le corps sur une civière et se mirent en route vers ST DENIS. Mais à cause de l’odeur infecte (qui se dégageait du corps), ils ne purent aller plus loin, ils le placèrent dans un tonneau qu’ils avaient enduit de poix à l’intérieur et à l’extérieur et entouré de peaux, mais tout cela ne réussissait pas à atténuer l’odeur. A grand peine, ils arrivèrent à NANTUA, et là , ils ensevelirent le corps avec le tonneau. Une plaque de marbre avec épitaphe en latin relatait ce fait sur la gauche du maître-autel.

Une autre version plus flatteuse dit que Charles mourut au château de BRION, après avoir reçu de l’ abbé HELMEDIUS les derniers secours spirituels, le bon abbé composa l’épitaphe latine en lettres d’or sur une plaque de marbre à gauche du maître-autel. Avant de mourir Charles reconnaissant fit don de sa chapelle portative qui consistait en quatre évangiles manuscrits, deux encensoirs, un calice en argent, des chandeliers et des vêtements et ornements religieux. Ces précieux objets, placés dans le trésor de l’abbaye, y restèrent exposés à la vénération publique, jusqu’au moment où ils disparurent, on ne sait comment. Les deux versions s’accordent à dire que l’épitaphe disparut en 1597, époque où elle fut enlevée par les maçons occupés à réparer l’église.

23) Alphonse BAUDIN, né à NANTUA 23 novembre 1811 au quartier de la Pierre ( diminutif de Saint Pierre), médecin en 1837, élève de Broussais, ami de Edgard QUINET et de Victor HUGO, député à l’assemblé législative de 1849, dont il est un représentant ponctuel et exemplaire, (il ne s’absentera que quelques jours du 18 au 22 novembre 1851 pour se rendre à NANTUA. il s’oppose au coup d’état de Louis NAPOLEON BONAPARTE (futur NAPOLEON III) le 2 décembre 1851 et fut tué sur une barricade drapeau à la main, il eut cette phrase célèbre «  vous allez voir comment on meurt pour 25 francs » 25 francs étant le salaire journalier d’un député (soit environ 63,25 Euros :1 franc de 1850 vaudrait 2,53 Euros). Une souscription publique fut alors lancée par le journal « le réveil » pour élever un monument à ce martyr de la liberté, cette initiative valut au propriétaire du journal un procès au cours duquel s’illustra Léon GAMBETTA. BAUDIN devint ainsi un symbole républicain face au despotisme. Le monument en bronze signé BOVERIE élevé en 1901 derrière la place de la Bastille fut démonté en 1942 par le régime de VICHY pour être fondu, comme le fut aussi le premier monument de BAUDIN signé HODOT érigée à NANTUA en 1888, le monument actuel signé Henri COLLOMB fut érigé en 1955 sur le socle de celui de 1888.

Le docteur Alphonse BAUDIN, ancien médecin aide major, ancien médecin de MONTMARTRE, médecin des pauvres, représentant du peuple à la législative, seul médecin inhumé au Panthéon, méritait que l’on conserve son souvenir à PARIS, un vœu sur un appel à projet de la municipalité de PARIS en ce sens est passé au conseil municipal le 14 décembre 2011…. affaire à suivre.

24) ABBATIALE DE NANTUA, intitulée SŒUR AINEE DE CLUNY En 1910, CLUNY à fêté son millième anniversaire , ce fût l’occasion de relire le petit opuscule qu’avait écrit Julien ARENE, le père de Delphine ARENE et de rappeler que l’ABBAYE de NANTUA de 634 à 950 fût la première maison de l’ordre des bénédictins, cette année là, l’ABBAYE de NANTUA aurait du fêter son mille deux cent soixante seizième anniversaire ce qui méritait d’être relevé… Un autre sujet qui mérite d’être relevé c’est le portail central de style roman bourguignon représentant un tympan largement mutilé par les révolutionnaires en 1793 sur lequel on peut encore distinguer un Christ en majesté encadré des quatre évangélistes . Une phrase en latin lourde de sens et qui ne peut que nous laisser songeur pourrait être traduite ainsi « De peur que le temps ne fasse oublier le passé, cette pierre rend témoignage de ce qui s’est accompli. »

Dans notre dos, vers les deux routes qui s’unissent (l’ancienne rue du CARRE BOURGET), il y avait là, comme nous l’avons dit plus tôt, dès 1263, un hospice dépendant de l’office de l’aumônerie du prieuré. Les pèlerins étrangers venaient y coucher, mais sous aucun prétexte n’était admis les pauvres ou malades de la ville. On y trouvait deux lits pour les héberger et on leur offrait outre le gîte et le couvert, une livre et demi de pain (livre =380g à 552g)et une demi pinte de vin( pinte =0,93l à 1,59l). Chaque année un demi-millier d’individus s’y arrêtaient. Nous espérons que le chemin de COMPOSTELLE GENEVE NANTUA LYON ouvert l’an passé voit passer le même nombre de pèlerin.

25) La rue montante que nous allons emprunter est la rue Alphonse BAUDIN, celui-ci est né au 13 de cette même rue, anciennement dénommée « rue de la Pierre »  déformation de « rue Saint Pierre » ce quartier est le plus vieux quartier de NANTUA, en pente et à l’abri des eaux du lac, ce quartier était dans le périmètre des enceintes de l’ ABBAYE et sous sa protection. Dans cette rue commerçante les échoppes étaient prolongées par des étals lors que le magasin était ouvert.

26) La source de la DOYE, l’eau jaillit dans un bassin naturel et les jours de crue par les ouvertures semi-circulaires du mur de soutènement. Il faut noter que l’eau est présente partout à NANTUA, sources, cascades, lavoirs, fontaines et lac. La fille de notre animateur CATHOLARD Patrick FAVRE, grâce à qui nous pourrons traverser la traboule à BASTIAN tout à l’heure, anime une visite intitulé « NANTUA au fil de l’eau » chaque été.

27) En face de nous, la rue du FOUR ( four du seigneur dit « d’en bas ») appelée depuis 1732 la rue des BOUCHERIES, (nom de l’ancien abattoir qui se tenait à l’angle de la rue BORGNAT), et depuis la dernière guerre, rue du MAQUIS.

Après le carrefour, la rue des TANNERIES depuis le 13ème siècle cette rue était découverte et la DOYE qui passait entre les maisons rendait souvent les rues impraticables même aux cavaliers et aux voitures, de sorte que dans une assemblée tenue sur la place publique le 18 octobre 1749, on convint de faire un pont sur le courant de la DOYE avec deux guichets pour laisser passer l’eau. Le pont MEZAY très prisé des habitants qui de tout temps ont tenu leurs palabres …sur les formes, la grâce et la toilette des passantes.

Après le deuxième carrefour, la rue du FOULON( maintenant rue DR LEVRAT), autrefois quartier des corroyeurs et des mégissiers qui donnaient aux cuirs leur fermeté, en frappant à grand coup de foulons.

En 1983, suite à un violent orage, durant la réfection de la chaussée au dessus de la DOYE, celle-ci est sortie de son lit pour rejoindre naturellement le MERLOZ par la rue du collège, à la confluence de La VICELLE canalisée et gonflée par ses précipitations, le lac VICELLE reprit ses droits le temps d’un week-end. La route 84 fût coupée, le Garage Moderne, la maison GUY, inondés dans quarante centimètres d’eau s’en souviennent encore.

Sous la rue des TANNERIES, passe la DOYE qui jusqu’au 18ème siècle n’était pas couverte ; 18 professionnels du cuir travaillaient et entassaient dans des fosses profondes les peaux qui macéraient six mois dans le tanin. C’est peut-être grâce à ces tanneurs que l’on surnomment les habitants de NANTUA les CATHOLARDS car les travailleurs du cuir utilisaient entre autre, une aiguille nommée CATHOLE.

Le nom provient peut-être aussi des réformés bernois et gessiens ou des protestants genevois qui reprochaient à l’époque des guerres de religions aux catholiques de NANTUA leur fidélité à leur abbaye d’ou ce nom péjoratif de CATHOLARDS.

Les NANTUATIENS qui sont des gens d’esprit s’amusent aussi à donner la paternité de ce surnom à GARGUANTUA, qui passant par là, laissa les produits de sa digestion, une CATOLE (crotte de chèvre) du coté du mont, et LAC cadeau du géant aux habitants.

C’est peut être aussi grâce à ces tanneurs, et aux restes de viande induits par leurs activités que les écrevisses ASTACUS ASTACUS à pattes rouges « les chambères en patois » se mirent à pulluler dans les cours d’eau et le lac. On retrouvait les écrevisses sur une fine pâte à galette «  les trâtres » bien dorées à goût de brioche mais aussi dans la fameuse sauce NANTUA agrémentant les quenelles de brochets, ce qui faisait dire à BRILLAT SAVARIN après avoir savouré de ces inoubliables délices «  Ces mets seraient dignes d’être servis à des Anges s’il voyageaient encore sur terre comme du temps de LOTH »

28) Le marché couvert dédié au marché l’hiver, dont une entrée jouxte la mairie et l’autre la rue BORGNAT (forme patoise de bourg neuf) servait de salle de basket et de lieu festif.

Au 12 et 13e siècle pour défendre sa puissance territoriale contre les sires de THOIRE et VILLARS dont MONTREAL est le chef lieu en BUGEY, l’ABBAYE de NANTUA avait développé autour d’elle remparts, fossés et « château ». De ce dernier ne subsiste aujourd’hui qu’une éminence de terre de forme tronconique que les archéologues et historiens nomment «  MOTTE CASTRALE » on entrait en ville par la porte FAVROT qui était surmontée d’une tour ou était installé un guetteur.

29) Nous traversons la dernière traboule directe dite «  A BASTIAN », ouverte exceptionnellement pour nous, sur les 10 ou 12 traboules de NANTUA. Les traboules à NANTUA étaient des liens indispensables entre les deux rues principales. Une infinité d’étroits passages, allées, ont été jadis pratiqués à travers les jardins et les immeubles, pour faciliter la circulation. On les nomme aussi « COLLIDORS ». Mal odorants et sordides, les derniers « COLLIDORS » ont été fermés il y a quelques années, suite à une série d’incendie volontaire et au profit d’une plus grande salubrité mais au détriment du pittoresque. Les anciens de NANTUA vous diront qu’ils traboulaient chez la mère TETAFORT, chez NOLO, chez GUY, chez FEFE, chez DEPLACE etc.

30) Guy Rachel GRATALOUP naît à NANTUA le 4 juin 1935, fréquente le collège puis le lycée, les beaux arts de LYON, prépare le concours d’entrée à ENSET, puis en 1964 il rentre à l’école nationale supérieur des BEAUX ARTS avec VIALLAT, BURAGLIO, ROUAN, il obtient le second grand prix de peinture du prix de ROME en 1967 et part en 1968 pour la VILLA MEDICIS dirigée par BALTHUS. C’est le samedi 6 juin 2015 que Guy Rachel GRATALOUP à inaugurer sa fresque et l’ouverture de l’ESPACE 3 LACS dédié au tourisme.

31) INFOS METEO, en 1788, le 24/25/26/27/28 décembre, le lac gèle de 15 pouces (38 cm) les noyers fendent et l’hiver est le plus dur jamais vu. Le 19 février 1807, il tombe 21 pouces de neige en une nuit (54 cm). En 1809, il a neigé tous les mois.

La ville de NANTUA est propriétaire du lac de NANTUA depuis 1866. Les grands travaux de 1856 abaissèrent le niveau du lac de plus d’un mètre. Ils ont permis un assainissement des zones marécageuses et l’aménagement de l’esplanade du lac côté NANTUA. Les zones ainsi dégagées et assainies furent revendues en grandes parties à des particuliers en 1869 par la mairie de NANTUA en tant que lac non domanial. A l’origine deux bras du lac ont servi à l’évacuation de ce volume énorme d’eau, un seul bras subsiste de nos jours, le deuxième à été asséché et comblé.

Une légende dit que le GRAND BROCHET, roi du lac, une bête de deux cent et quelques kilos vînt à bout du père MARTIN en mangeant dans un grand remous d’eau, la jambe droite du pécheur qui s’obstinait à vouloir le prendre pour en faire des quenelles.

Une autre légende dit que certains CATHOLARDS envient le sort d’un autre pêcheur, aussi vieux que le monde, qui épousa, un beau soir de juin, sans notaire ni magistrat, la FEE du LAC et que leur union fût bénie par le GRAND BROCHET. Depuis, nul ne vit le vieux pêcheur, ni la FEE du LAC, hormis peut être les libellules ou les nénuphars dont la FEE du LAC garnissait sa couronne.

32) Au cours de la seconde guerre mondiale, la région de NANTUA se distingue par une résistance locale active à l’occupant Nazi. En représailles, les Allemands organisent plusieurs rafles. Lors de celle du 14 décembre 1943, 150 hommes âges entre 18 et 40 ans sont capturés et emmenés en déportation. NANTUA est libéré en septembre 1944 par les troupes débarquées de PROVENCE. Pour l’action de ses habitants au cours de la guerre, la ville de NANTUA a été décorée de la médaille de la résistance française par le Général DE GAULLE en 1947. La même année, la création d’un monument commémoratif est confiée au sculpteur Louis LEYGUE, Grand prix de ROME en 1931, né rue Alphonse BAUDIN à BOURG EN BRESSE, lui même arrêté pour fait de résistance en 1941, emprisonné à FRESNE, DUSSELDORF,HANDRAT et TREVES. Ce monument des Déportés de l’AIN inauguré en 1949, représenté par ce corps décharné aux pieds et mains disproportionnés surmonté d’un sarcophage vide nous renvoie à la souffrance vécue par les 595 habitants de l’AIN morts en déportation.

33) Les chutes de rochers sont monnaie courante à NANTUA… le 9 novembre 1819, un rocher s’est détaché, une partie s’est arrêtée près d’une grange, une partie dans la DOYE, une autre partie près de la première maison de la Pierre. En 1920, 250000m3 coupent la voie ferrée aux NEYROLLES. En 1937, un éboulement de 700 m3 se produit entre NANTUA et PORT. En 1963, 400 tonnes ravagent le cimetière. En 1964, 7 tonnes écrasent une villa, la même année 100 tonnes se répandent dans un cône d’éboulis. En 1978, 15000m3 glissent près du château de PRADON. Mais ce qui restera à jamais dans le cœur de la cité, c’est passé un beau soir d’été, le 8 Aout 1973, l’emblème phallique CATHOLARD « la COLONNE » un monolithe constitué de calcaire RAURACIEN de 12000 tonnes sur une assise marneuse glisse lentement et se désagrège avant que les explosifs posés par les artificiers ne fassent leur office. Nos anciens avaient coutume, pour les fêtes de la Pierre, d’installer une longue vue en direction de la colonne, celle-ci étant au préalable entourée de cercle de tonneaux, pour cent sous, les badauds pouvaient voir la COLONNE retenue enchainée au reste de la falaise, l’œil noirci par de la suie attestait qu’ils avaient encore une bonne vue.

34) Nous avons fini notre chemin d’histoires et légendes CATHOLARDES, on vous invite à poursuivre, si vous le souhaitez, un autre chemin initiatique celui de COMPOSTELLE,

Par une exposition, à l’intérieur de la médiathèque (en passant par derrière et sans chaussure de montagne) où Monsieur Christophe ALIX vous accueillera.

Et à 20 heures, salle de l’EDEN (à côté de la mairie) pour une conférence débat sur COMPOSTELLE, un exposé sur le MIRACLE de NANTUA, et un DIAPORAMA sur le chemin GENEVE NANTUA LYON

Et essai rimé sur les Jacques célèbres:
Jacques
Comme ministre des finances, il brassait bien de l’or
Père de Martine Aubry, pour l’Europe, Jacques Delor.
Lui fut premier ministre, il fallait que ça raque !
Notre ancien président, mal en point, Jacques Chirac.
Un autre, grand argentier, Bourges le porte dans son cœur,
On peut y visiter le palais de Jacques Cœur.
De Cherbourg à Rochefort, par les d’moiselles admis
Comme grand cinéaste, de Nantes, c’est Jacques Demy.
Pour un autre, jour de fête, pas comme Danielle Taty,
Lui mon oncle et facteur, Play Time, Jacques Tati.
Près d’Brion, Montréal, y’a d’Québec le quartier
On y pense toutes les fois, bien sûr à Jacques Cartier.
Sa chanson Amsterdam, ça n’était pas une brêle,
Grand devant son prénom, toujours, pour Jacques Brel.
S’éveille pas comme Paris, lui qui chante les étrons,
Cacaboum, les cactus, l’hôtesse, c’est Jacques Dutronc.
Vu son poil dans la main, à la fête bien enclin,
Enfants chanteurs, Arthur, Izïa de Jacques Higelin.
Celui-là, il sait tout, à tout problème pallie,
Conseiller d’Mitterand, de l’X, Jacques Attali.
Cinéaste et fils d’un qui parlait avec art,
La palme pour Dheepan, un prophète, Jacques Audiard.
Sur le grand échiquier, sans jamais qu’il chancelle,
Radioscopait les gens, très humain, Jacques Chancel.
Ce peintre de l’Empire, il comblait tous les vides
Dans le tableau du sacre, Les Horaces, Jacques David.
Lui fut psychanalyste, craignant pas les cancans
Pour l’origine du monde, cachée chez Jacques Lacan.
Ennemi numéro un, touché à la poitrine,
Héros de cinéma maint’nant pour Jacques Mesrine.
Lui faisait les dimanches de télé, pas l’matin,
Sarko lui a piqué sa femme à Jacques Martin.
Musicien d’opérettes, en vrai, pas en play-back,
On lui doit des cancans à ce Jacques Offenbach.
Poète des feuilles mortes, il sut bien mettre en vers
En glorifiant le cancre, les Paroles, Jacques Prévert.
Acteur et cinéaste, documentaires d’airain
Engagé comme dans Z, producteur, Jacques Perrin.
Lui anime l’heure du crime, 14 heures RTL,
Les investigations, c’est le truc d’Jacques Pradel.
Un footeux chez les Verts, en même temps qu’Platini,
Et international, milieu, Jacques Santini.
A rollex, et moqueur…Mitterand le héla
Pour la force tranquille, slogan d’Jacques Séguéla.
Dessinateur en deuil comme beaucoup d’autres pardi,
Papa d’Adèle Blanc Sec, de Valence, Jacques Tardi.
Nez dans les éprouvettes à l’étude de têtards,
Père de tous ces bébés, le chercheur Jacques Testard.
Comédien rondouillard, pas toujours guilleret,
Clown triste au diner d’cons, la denrée, Jacques Villeret.
Défenseur d’extrémistes de tous bords sans sagesse,
Un ténor du barreau, l’ambigu Jacques Vergès.
Pilotes canadiens, habiles quand ils se meuvent,
Gilles le père s’est tué, reste le fils Jacques Villeneuve.
Grand acteur qui, timide, sur la scène se libère,
En jouant Cyrano, et même nu, Jacques Weber.
 
Cycliste intelligent, aux coups d’pédale utiles,
Gagna 5 tours de France, le normand Jacques Anquetil.
Poète et dramaturge, d’Antibes, pas perverti,
Il y a son lycée, c’est Jacques Audiberti.
Acteur dans les nanars, jouant l’menu fretin,
Fit beaucoup de doublages, grosse tête, Jacques Balutin.
Avec l’docteur Paccard, leur exploit les calma,
Les premiers au Mont Blanc, c’est le guide  Jacques Balmat.
Cinéaste et père de, aux mises en scène d’équerre,
Le Trou et Casque d’or, chefs d’œuvre de Jacques Becker.
Régicide, homme de Dieu, il ne fut pas clément
En tuant Henri III, le moine Jacques Clément.
Dans les associations, on reste fort marris,
Qu’à la tête de l’Arc sévit Jacques Crozemarie.
Dans l’parcours politique, tout ne fut pas tout bon
Pour l’défenseur des droits qu’est maint’nant Jacques Toubon.
Résistant fusillé, ni major, ni sergent
Une station de métro s’appelle Jacques Bonsergent.
Quand on y va en courses, on r’vient sans un radis,
C’est chez qui, c’est chez qui ? ben c’est chez Jacadi.
Pléonasme pour un Suisse, opérateur bancaire,
Père de Mme de Staël, le banquier Jacques Necker.
Oulipien, plein d’humour qui parfois est le jouet
Des papous dans la tête, le dimanche, c’est Jacques Jouet.
La route, ça le connait, ça se passe sans un couac,
La Beat Génération, du mythique Jacques Kerouac.
Journaliste, écrivain, normalien, pas trouillard,
A quitté l’Nouvel Obs pour Marianne, Jacques Juillard.
Politique d’Centre droit, sans trop faire le faraud
D’un malaise dans l’métro s’est éteint Jacques Barrot.
Lui pour Nouvelles frontières il mouilla le maillot
Homme d’affaires, Eurotunnel et trains, Jacques Maillot.
Acteur énigmatique aux rôles obscurs enclin,
Hippocrate dernièrement, en médecin Jacques Gamblin.
Aux collégiens d’Ray Ventura se ralliant
Pour chanter tout va très bien Marquise, Jacques Hélian.
Coiffeur ne coupant pas encore les cheveux d’anges,
Mais de nombreux salons à son nom Jacques Dessange.
Au basket des paniers par centaines il déclare,
Pour l’ASVEL et Antibes, meneur c’est Jacques Monclar.
Inventeur du scaphandre pour aller voir dans l’eau,
Bonnet rouge, Calypso, Commandant Jacques Cousteau.
Cet athlète lançait pas des bêtises à Cambrai
Mais le poids sur les stades, champion Jacques Accambray.
1968 avec Danny l’rougeaud
L’autre leader étudiant était Jacques Sauvageot.
A la perche, il osait sauter plus haut qu’un tas
Il entraîne les coureurs de  haies, Jacques Piasenta.
Pour sa pub avec l’eau, il se faisait charrier,
Fut quand même le mari de BB, Jacques Charrier.
En se moquant des snobs, l’était un peu maso,
Grand danseur, et homo, le mondain Jacques Chazot.
La déconstruction même peut-être le dérida
Ou même pas sûr, le philosophe Jacques Derrida.
Ami d’Francis Huster qui, des beaux rôles lui sert,
Commissaire Magellan, l’acteur Jacques Spiesser.
Comédien attachant qui jouait les nonos,
Beaucoup de seconds rôles pour l’acteur Jacques Jouanneau.
 
Ce petit caporal, dans le XV, en courroux,
Pas à d’mi capitaine en rugby Jacques Fouroux.
La fille aussi pilote, de l’expérience profite,
Du père commentateur de Grands Prix, Jacques Laffite.
Créateur d’Philibert, cancre, mais pas de Oin-Oin,
Sketch de la panse de brebis farçie Jacques Bodoin.
Un autre premier ministre qui l’eut un peu fumasse
A une présidentielle, c’est Jacques Chaban-Delmas.
Au ping-pong contre lui, on est beaucoup crétin
Numéro 2 mondial, chapeau Jacques Secrétin.
Le Grand Bleu, la plongée à partir d’une yole
En apnée et profond, 105 mètres Jacques Mayol.
Il a fait Caroline sous l’nom de St Laurent,

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