journée du partage à st martin 28-09-2017
Arrêt1
Chemins d’histoire et de Légendes Le 15 octobre 2015 à NANTUA, devant l’imprimerie l’ABEILLE DU BUGEY, nous avions évoqué le souvenir et lu un poème de son créateur Auguste ARENE (1814-1893). Ce poète et romancier nous a laissé beaucoup d’œuvres littéraires et de nouvelles, entre autres, de délicieuses chroniques dans son recueil « VIEILLES HISTOIRES ET LEGENDES DU BUGEY. » Nous vous proposons, pour agrémenter notre marche, de lui emprunter quelques pages, modifiées, inventées, ou complétées par quelques faits historiques, en suivant le chemin d’un historiographe chargé de vérifier et d’écrire officiellement l’histoire d’une époque ou d’un souverain au XVII siècle.

PS : Un historiographe est celui qui était nommé pour écrire l’histoire de son temps, c’est un homme de lettres pensionné et appointé. Pour remplir cette charge, il enquête comme un juge d’instruction, il analyse une réalité dans son évolution, sans à priori et sans tabou, il cherche, rassemble et compile les matériaux historiques. (RACINE fut un des historiographes de LOUIS XIV.) Un historien prend les matériaux historiques, les met en œuvre, et compose un ouvrage, dont il en est l’auteur. Il met l’histoire au service d’une démarche patriotique ou politique. (TITE-LIVE, CESAR, TACITE furent des historiens latins.)


A voir sur le chemin : LAVOIR DU VIVIER : construit en 1835 a subi d’importantes réparations en 1921, il est alimenté par une source captée sur place. La source jaillissait à l’origine dans un marécage, qui devint un vivier à poissons pour les besoins du carême au VIème, d’où le nom. SUR LA PLACE DU VIVIER : monument de Sébastien CASTELLION (commentaire sera fait ultérieurement.) EGLISE : à trois nefs, bâtie entre 1868 et 1873 l’architecte est FIVEL DE CHAMBERY. BAC OCTOGONAL : construit en 1907 en pierre d’HAUTEVILLE colonne surmontée d’un chérubin chevauchant un cygne. MAISON LIGNY MERCIER maison d’habitation de notre animateur randonnée Herve LIGNY 

ARRET 2
Au mois de juin 1640, par une belle matinée, alors que l’ANGELUS n’avait pas encore sonné au clocher de NOTRE-DAME de BOURG, deux personnages à la physionomie singulière descendaient à cheval, venant du quartier BOURGMAYER, la place et la rue du GREFFE, franchissant la rue MERCIERE, la rue des HALLES et la porte de la ville, que le sergent de la garde venait d’ouvrir, tournèrent à droite et prirent la route de PONT-D’AIN. Le premier personnage qui marchait en avant était monté sur une mule aux formes élégantes ; il était de grande taille, vêtu d’une longue robe noire aux bords garnis d’hermine qui couvrait en partie sa monture. Une chaine en or était enroulée autour de son cou ; une aumônière, en peau de daim et à fermoir d’argent qui pendait à son flanc, était retenue par un gros cordon de soie. Messire SAMUEL GUICHENON cheminait lentement absorbé qu’il était par la lecture d’un vieux parchemin qu’il tenait rapproché de ses besicles. L’autre personnage venait après, monté sur un cheval pie qui n’était pas de première jeunesse ; il était vêtu à peu près de la même manière que le précédent, si ce n’est que ses habits étaient moins riches et annonçaient que leur propriétaire occupait une position inférieure dans la hiérarchie sociale de l’époque. Dans ses fontes, au lieu des pistolets, se trouvaient des rouleaux de parchemin, une longue écritoire en corne blanche garnie de tout ce qui était nécessaire pour écrire, pendait à son côté en guise de poignard. Maître HUCHET, Clerc, caressait avec sa houssine les oreilles de sa pacifique monture. Les cavaliers firent halte à la GRANDE VAVRETTE puis débottèrent au château ducal de PONT-D’AIN où l’intendant s’empressa de les recevoir et de leur donner une large hospitalité. Puis, le lendemain, partirent de bonne heure pour le château de PONCIN, où ils séjournèrent plusieurs jours après lesquels ils se remirent en marche pour atteindre CERDON. Ils détournèrent leurs montures de 100 pas pour se rendre devant la statue de la vierge noire de PREAU (dont les légendes s’accordent pour raconter qu’elle guérit enfants et adultes de toute frayeur), se signèrent en prévision des difficultés à venir et se dirigèrent vers l’Hôtellerie de la Poste aux Chevaux pour vérifier que le traité de LYON de l’ an 1601 partageant CERDON en sept fiefs qui appartenaient pour trois d’entre eux : aux Chartreux de MEYRIAT, aux Seigneurs de MAILLAT, et au Prieuré de NANTUA, était bien respecté. Après s’être restaurés, Messire SAMUEL GUICHENON enfourcha sa mule, et commença à gravir la côte escarpée et rugueuse en longeant un précipice effrayant dominant le château CARESMIER, résidence personnelle du Seigneur de CERDON, suivi par Maître HUCHET, quelque peu troublé par les gobelets de vin blanc servis généreusement lors du repas. Ils s’arrêtèrent pour faire souffler leur monture au lieu dit la ROCHE COUPEE juste au dessous de la tour de SAINT-JULLIEN et arrivèrent sans encombre aux BARAQUES au hameau de la LEVEE* où ils se firent servirent du vin miellé ; de mauvais nuages noirs s’accumulaient au dessus de MOULIN CHABAUD et la grêle et la pluie les surprirent dans la descente de TIRE-CUL et c’est trempés jusqu’aux os qu’ils franchirent la grille du Château de MAILLAT. 

*Il n’est pas une région de France qui ne prétend posséder sa VIA ROMANA, (Il est vrai qu’à son apogée, l’empire romain comptait 150.000 km de réseau routier). Les voies romaines, souvent en ligne droite, permettaient de relier entre elles, les cités de l’empire romain, avec les centres de décisions politiques ou économiques. Pour information, LA VIA ROMANA était large de 6 à 12 mètres, elle était faite pour durer : au dessus d’un sol nu décapé et tassé, le RUDERATIO, revêtement fait par un amas de cailloux tassés, puis le NUCLEUS, plusieurs couches alternées de pierre et de sable, par dessus le STATUMEN fait de grosses pierres servant de drainage, et enfin la BORDURE au centre bombée en pierres sèches, maçonnerie ou en dalles verticales et de chaque coté un fossé pour récupérer l’eau, et le CREPIDO trottoir élevé pour les piétons. Dans la Gaule romanisée, au 1er siècle avant J.C., AGRIPPA général, consul, et gendre d’AUGUSTE a choisi la capitale des GAULES, LUGDUNUM (LYON), pour en faire le point de départ des QUATRE grandes VIA AGRIPPA en GAULE : La VIA COLONIA prenant la direction de COLOGNE La VIA BONONIA prenant la direction de BOULOGNE SUR MER La VIA MEDIOLANUM prenant la direction de SAINTES La VIA ARELATE prenant la direction ARLES, NARBONNE et l’ESPAGNE La liaison de LUGDUNUM avec ROME passait obligatoirement par un col (le petit Saint BERNARD, le grand Saint BERNARD, ou le Mont GENEVRE). Dans le département et principalement dans les cantons de notre région, les voies de communications gallo-romaines se sont substituées aux voies gauloises ou préceltiques. Elles s’y superposèrent en les consolidant, et servirent, jusqu’au Moyen Age, aux échanges stratégiques et commerciaux. Alain MELO, historien, archiviste et archéologue a fait une étude sur les voies antiques reliant le RHÔNE à IZERNORE. Ce programme de recherche concernait : Premièrement, le tracé montagnard d’une éventuelle voie antique directe (proposée par JULES HANNEZO et ses successeurs) entre les VICI de VIEU en VALROMEY et IZERNORE. Deuxièmement, une analyse morphologique des réseaux de voies, notamment dans la région de BRION, portant sur les zones humides, rivières et obstacles locaux à contourner. De cette étude datant de 2008 et 2009, Alain MELO a souligné : qu’ IZERNORE et VIEU en VALROMEY ont joué un rôle urbain important dans la civilisation romaine de notre région, mais a observé que les deux cités ne s’inséraient pas dans les réseaux de longues distances et semblaient mêmes placés à des points qui ne facilitaient pas cette insertion. Ce qui confirmerait le rôle de ces deux colonies romaines : Garder les passages difficiles du JURA. Il en a dégagé aussi les deux secteurs importants : CEIGNES /IZERNORE/ MONTREAL/ MAILLAT d’une part Le sud du VALROMEY / CULOZ/ TALISSIEU/ BELMONT / VIEU en VALROMEY d’autre part, d’ou partait une voie vers le nord par RUFFIEU et LE GRAND ABERGEMENT. Concernant nos proches cantons, une VICUS venait de la vallée de l’AIN vers PONCIN, CERDON, par la roche coupée, la LEVEE (sur la LEVA, nom typique de la voie romaine à haut remblai), passait entre ETABLES (STABULA, auberge ou écurie) et CEIGNES (SIGNA, signaux, enseignes, croisement de route), PEYRIAT (lieu pierreux ou voie empierrée) VOLOGNAT, partait à l’Est, contournait la montagne de la ROCHE BLANCHE jusqu’au pont sur l’OIGNIN (ONYX). Après le pont sur l’ OIGNIN, Un premier itinéraire partait sur BRION, NANTUA, GENEVE, NYON, AVENCHES, AUGST qui jouxte BÂLE, Un deuxième partait vers GEOVREISSIAT, BUSSY, IZERNORE, MATAFELON, le port de THOIRETTE et BESANCON (VIA SEQUANORUM). A côté des voies principales, existait un maillage de chemins agricoles ou commerciaux qui partaient en étoiles des centres principaux comme VOLOGNAT et IZERNORE. Certaines voies secondaires rejoignaient la voie principale LYON GENEVE : (CEIGNES/MAILLAT) (PEYRIAT/GIRIAT/MAILLAT) (PEYRIAT/GIRIAT/pont sur l’OIGNIN.)

Arrêt 3
Le châtelain de MAILLAT, Jean-Pierre de MOYRIA, seigneur de MAILLAT, baron de CHATILLON de CORNEILLE, seigneur de MERIGNAT, MONTGRIFFON, la Tour de JUJURIEUX, et coseigneur au val de ROUGEMONT, habitait alors à son château de MAILLAT, où il était venu se reposer des fatigues de la guerre. Le châtelain, après les présentations d’usage, dépêcha ses gens auprès des deux cavaliers, fit allumer un feu de rameaux de buis en pressant Messire SAMUEL GUICHENON et Maître HUCHET de se sécher à leur aise. Pendant la collation, Messire GUICHENON dissertait avec le châtelain sur la généalogie des MOYRIA, la conversation continua longuement à table. Les deux hommes tombèrent d’accord sur l’exactitude de l’arbre généalogique qui commençait avec GUY de MOYRIA en 1120 jusqu’à ce jour. Le châtelain remercia Messire GUICHENON pour ces confirmations, en le priant de lui faire parvenir de nouvelles preuves de l’histoire de MOYRIA dans le cadre de ses futures recherches en lui demandant comme un véritable service de lui en communiquer les sources. Messire GUICHENON acquiesça et demanda à son tour au châtelain des renseignements sur les Chartreux de l’Abbaye de MEYRIAT, entre autres, s’il avait entendu parler de cette légende ou l’histoire du XVème siècle, laissant entendre que les moines pourchassés avait laissé sur place profondément enfoui dans une crypte, un trésor* de cinq coffres d’objets précieux. Jean Pierre de MOYRIA, souvent en relation de voisinage avec les Chartreux, que ce soit à EPIERRE à coté de CERDON, ROUGEMONT ou MAILLAT où les Chartreux lui cédèrent des biens en 1621, s’empressa de lui raconter que quelques moines chartreux étaient venus consacrer leur vie à la prière en 1116 dans un site sauvage et que PONCE du BALMAY en fut le premier prieur. Le labeur et le savoir faire de ces moines firent prospérer la Chartreuse au point de la rendre puissante et riche, créant ainsi des jalousies et des frictions entre le Monastère et notamment les gens de BRENOD. A chaque instant les hommes de BRENOD en appelaient à leur Seigneur de NANTUA, des vexations ou empiètements qu’ils imputaient aux moines et chaque fois le Prieur de NANTUA répondait à leur appel en défendant chaudement leurs intérêts. « Mon grand-père François de MOYRIA, Grand Veneur de Savoie et Gouverneur de NANTUA m’a rapporté cette histoire sans pouvoir retrouver des sources sûres comme celle que vous aimez coucher sur vos parchemins, Messire GUICHENON » expliqua le châtelain en haussant le ton. « D’autant plus que beaucoup de châteaux ont été détruits et leurs archives pillées ou brulées par le Duc de BIRON en 1601 après l’annexion de la BRESSE, du BUGEY, du VALROMEY à la France consécutif au traité de LYON, le 17 janvier 1601, signé entre Feu HENRI IV roi de France et Charles Emmanuel 1er duc de SAVOIE. » « Heureusement que le bon roi HENRI a fait exécuter pour trahison le Maréchal de BIRON, le 31 juillet 1602 à la BASTILLE, sans quoi ce château bâti par le chevalier ISARD de la BALME en 1280 n’aurait pas pu vous accueillir. »

* Nous savons que les légendes ont la vie dure: En 1640, SAMUEL GUICHENON recherche un hypothétique trésor de CINQ coffres. En 1789, le trésor de la Chartreuse de MEYRIAT serait bien à l’abri dans ONZE coffres en bois de chêne cerclés de fer fournit par Monsieur MONNET menuisier à SAINT-MARTIN-DU-FRESNE, nous en connaissons même le contenu : un crucifix en or, un calice en or massif serti de pierres précieuses, des patènes, des ciboires rehaussés d’émaux anciens, des croix de procession en argent, des burettes et plateaux en vermeil , de la vaisselle , un monceau d’écus et pièces d’or et autres reliques de PONCE du BALMAY, livres enluminés, bois précieux doublé de plaques d’argent ciselées, antiques parchemins et habits sacerdotaux brodés d’or et d’argent. Nous venons de fêter le 900ème anniversaire de la création de la Chartreuse et nous cherchons toujours des indices complémentaires pour trouver le trésor. Voici ce que nous savons :
1- Que le grand fantôme blanc du dernier moine erre encore dans les ruines et fait disparaître les curieux dans des oubliettes.
2- Qu’une scierie aurait trouvé le fameux coin de fer d’un noir bleuté dans un arbre qui aurait dû marquer l’endroit du caveau souterrain. Et de sources plus vérifiables :
3- Que le 7 Août 1789, le révérend Dom Rémi DUREMBERG, prieur, demanda protection à la garde bourgeoise de NANTUA pour contenir l’assaut des CORCELLANS et que les BRENODIENS se ruèrent sur la chartreuse pour la piller.
4- Que le 28 Août de la même année, le prieur demanda au commandement du détachement d’artillerie de NANTUA de lui envoyer quelques soldats pour surveiller sa maison éprouvée par quelques communautés voisines notamment celle de CORCELLES.
5- Que les derniers chartreux quittèrent l’abbaye en 1791.
6- Qu’en l’an 1870, quelques villageois cupides demandèrent une autorisation au préfet pour procéder à des fouilles, après plusieurs semaines ils ne trouvèrent que des os et ils rentrèrent chez eux, oreille basse et ne se vantèrent pas de leur ridicule expérience.
7- Que d’après les archives départementales de l ‘Ain, la révolution a presque tout fait disparaître, aucun objet d’art n’est resté in situ. Les chartreux eux mêmes ayant confié une partie de leur richesse avant leur départ, soit à des paroisses environnantes, soit à des proches. Les acquéreurs de biens nationaux (état ou particuliers) ont récupéré ce qui était resté sur place. Ainsi les boiseries et le maître-autel de NANTUA proviennent de la chartreuse de MEYRIAT.
8- Que d’après Delphine ARENE, en 1789, les moines avaient mis en sureté les tableaux et les admirables boiseries à SAINT-PIERRE de NANTUA, l’or et les objets précieux étaient partis à l’étranger. Les CORCELLANS poussèrent les portes ouvertes de l’Abbaye, enlevèrent les meubles encombrants sans valeur, les tables, les chaises, les planchers, les poutres, et les brûlèrent juste pour le plaisir. Les derniers moines qui étaient restés dans le pays vivaient cachés dans la cave du CHEVRIL (berceau de la famille GOYFFON) d’où ils s’enfuirent sans mésaventure avec l’aide de ceux qui les avaient accueillis.
9- Que nous avons la connaissance de dizaines de tableaux de maîtres qui appartenaient à la chartreuse de MEYRIAT qui ont totalement disparu, malgré leur transport à NANTUA.
10- Qu’en Novembre 1853, au sud-ouest du village de BRION, à proximité de l’ancien pont de l’OIGNIN, l’on mit au jour, en abattant un chêne, un trésor dans une cavité renfermant 10.000,00 monnaies de bronze dont une partie est conservée au musée d’IZERNORE
11- Qu’enfin, plus près de nous, en 1953, Messieurs GOURMAND et NAY, au cours de travaux de terrassement dans le quartier de LONGE-VILLE à SAINT-MARTIN-DU-FRESNE découvrirent un vase en terre fine noire contenant 2000 deniers d’argent des XIIIème et XIVème. Ce trésor monétaire a été inventorié au Musée de LYON et déposé au musée de BROU. ET…… ce n’est pas fini, cette année, le 7 janvier 2017, un radiesthésiste de TOULOUSE et deux comparses se sont fait arrêtés par les gendarmes aux manettes d’une pelleteuse de plusieurs tonnes en train de creuser un trou de 3mètres 60 de profondeur…pour ne trouver que deux fémurs. Nous vous rappelons pour votre gouverne : Que les fouilles archéologiques ne sont pas interdites, mais réglementées par le code du patrimoine. Il faut donc se munir d’une autorisation. Faute de quoi, l’auteur de fouille est passible : pour une fouille clandestine de 7500 Euros d’amende et pour le vol de mobilier 100.000 Euros d’amende et 7 ans de prison. Pour commencer vos recherches, nous vous communiquons des coordonnées UTM qui pourront vous être très utiles : EAST 31 701052047 NORTH 31 5107403 17 ALTITUDE 809 mètres
BONNE CHANCE


Arrêt 4
La rivalité entre les personnes, les familles, les clans, ou entre les villages existe depuis la nuit des temps. Nous sommes ici sur le plateau du Mont IBICUS, du latin IBEX, qui signifie chèvre sauvage, traduit maintenant par le plateau de CHAMOISE à la croisée des chemins de NANTUA et de SAINT-MARTIN et aussi à la croisée des légendes, en terrain neutre, sans risquer la bastonnade ou le quolibet, un endroit propice à l’écoute des langues fourbes ou médisantes de chacun des clochers. Les ressentiments entre les « pattes à cul » autrement dit « les CATHOLARDS » et les « excommuniés » autrement dit les « SAN-MARTINOIS » datent de 1251. De triste mémoire, AYME du BALMAY, commandant le château de MONTREAL avance sur NANTUA pour délivrer le jeune HUMBERT III de THOIRE ; la bataille eût lieu à LA CLUSE, le parti de THOIRE eût le dessous et AYME du BALMAY fut grièvement blessé. Remis de sa blessure, il renouvelle son attaque, mais cette fois avec les habitants de SAINT MARTIN. Ceux ci, traversèrent CHAMOISE et arrivèrent à la porte SUD de la ville, tandis que AYME du BALMAY attaquait NANTUA par la porte OUEST. Le hasard voulut que deux voitures de paille fussent en dehors de la ville, les gens de SAINT MARTIN y mirent le feu, qui consuma la porte et leur permit d’entrer juste au moment où AYME du BALMAY venait d’enfoncer celle du couchant et d’entrer dans NANTUA. Les habitants de SAINT MARTIN plus près du cloître, se firent remettre le jeune sire de THOIRE et firent prisonnier le geôlier.

Il a fallu 750 années pour apaiser ces tensions, le 30 décembre 2002, les SAN-MARTINOIS et les NANTUATIENS, firent la paix à laquelle furent associés les BRIONNAIS, les MAILLATIS, les BEDOUINS, les POIZATIERS, les NEYROLLANS, les LALLEYRIATIERS, les CHARIANS, les MARANNES, ainsi que les habitants sans gentilé de BEARD-GEOVREISSIAT dans une communauté de communes LE LAC DE NANTUA. Cette hostilité qui dura si longtemps a laissé quelques traces dans les mémoires collectives entre les « PATTES A CUL» et les « EXCOMMUNIES ». Au moindre écart de langage on pouvait entendre « chi vo étré mordou n’a qu’à tria la coua dou chin. » que l’on pourrait traduire par « qui veut être mordu n’a qu’à tirer la queue du chien » Nous en avons encore une preuve avec la légende de la mère SINETTE. Les « pattes à cul » narraient la légende comme suit : Faut-il rappeler l’exploit de la mère SINETTE, la bonne et pieuse chevrière de NANTUA, qui fût en butte aux maléfices de la mère BISTIE, la gardienne des boucs de SAINT-MARTIN-DU-FRESNE. Pour se venger de la mère SINETTE qui n’avait pas voulu lui apporter de l’eau bénite dont elle voulait faire un satanique usage, la mère BISTIE entraîna toutes les chèvres de NANTUA sur la montagne de CHAMOISE où elles se précipitèrent dans un puits perdu. Mais ô merveille, le ciel exauça les prières de la bonne bergère et toutes les chèvres furent retrouvées saines et sauves, dans les cavernes sous lacustres des roches de l’au-delà. Les « excommuniés » racontaient la légende d’une autre manière : La légende prétend que la sorcière BISTIE, marchande de chiffons à NANTUA, joua maints mauvais tours à la bergère SINETTE, celui entre autres de faire sauter toutes les chèvres dans le « puits perdu », puits sans fond situé sur le plateau de CHAMOISE. Un jour d’orage, SINETTE trouva abri sous un sapin, la sorcière la rencontra et la menaça. C’est alors que la foudre frappa et hélas, tua la pauvre bergère. Le sapin, épargné, fut respecté par les bûcherons….il sera finalement abattu en 1861, sur ordre de l’inspecteur des forêts. Quant au « puits perdu », Il existe toujours. On raconte qu’autrefois, le grand brochet du lac s’y était réfugié, les habitants de CHAMOISE lui jetaient en pâture leurs bêtes malades ou crevées (malicieusement il est rajouté d’après Auguste ARENE.) Sans vouloir attiser le feu, et relancer des débats d’un autre âge, nous dirons qu’il s’agit d’un « pot pourri » des contes et légendes extraits de l’abeille du Bugey et du Pays de GEX. Notre poète CLAUDE, soucieux de la pérennité de cette légende, l’a traduit en vers : A Nantua, Sinette chevrière, Une personne honnête, bonne et pieuse Fut la victime d’une sorcière, Une mégère horrible menteuse, La gardienne des boucs de Chamoise, Qui à tout l’monde cherchait des noises, On la nommait : la mère Bistie. Sinette donna pas l’eau bénie Réclamée pour des maléfices, Aussi Bistie l’imprécatrice Fit chuter dans le puits perdu Toutes les chèvres de la pauvre Sinette. Grâce à ses prières éperdues, On retrouva sauves les biquettes Dans des cavernes sous le lac, Juste à l’aplomb d’où l’on bivouaque Roche d’au-delà, aux Doigts du Diable, Où la foudre frappa l’innommable.


Nous avons nous aussi retrouvé un FABLIAU* du XIIIème siècle sur ce thème dans les archives de la mémoire d’un auteur dont l’interprétation vaut bien celles que nous venons d’entendre, sans pour autant être sujette à caution.

*Un FABLIAU est un récit populaire du moyen âge, souvent en vers et se terminant par une morale parfois ambiguë. Il comporte très souvent une satire sociale sur les moines, les vilains et les femmes….allez savoir pourquoi ?

Sur le Mont IBICUS, au plus haut des Monts d’Ain, Pour une pâquerette, poussant chez le voisin, La BISTIE, la SINETTE, deux bergères du coin, Prirent l’écho pour juge, et le vent pour témoin.

Les mots doux s’élevèrent, et leurs langues débitèrent Des propos venimeux, des paroles outrancières ; Les insultes fusèrent sur les crêtes si fort, Que les herbes aujourd’hui, en frissonnent encore.

Jupiter agacé, par ces ordureries, Envoya ses éclairs, et son infanterie ; Toutes les eaux du ciel tombèrent sur les furies, Mais pas suffisamment, pour éteindre l’incendie.

Les chèvres et les boucs, par ces faits, affolés, A tors et à travers, quittèrent le pré hanté Et se précipitèrent, au fonds d’un puits perdu, Si profond nous dit-on, qu’on ne les revit plus.

Pour narrer au village, l’absence des caprinés, Chacun pensa d’abord, à dire la vérité ; Si le vent désigna l’origine du brûlot, L’écho comme tous les juges, déforma chaque mot.

Personne ne comprit rien, à ses explications, L’ édile fut sommé de prendre position. Il consulta le livre d’un éminent chinois, Qui traitait du sujet en celte et en patois.

L’écriture du registre très bien alambiquée, Répondait au problème sans autre ambigüité. « La langue de toutes les femmes est leur meilleure épée.» « Toujours prête à l’emploi, elle n’est jamais rouillée. »

Et comme le magistrat imbu de sa fonction En lisant le verdict, pensait aux élections, Ainsi que du cordon de sa noble aumônière, Et tous les attributs, qui se cachent derrière,

Au lieu de lire le texte, le prévôt s’empêtra, Dans des formules complexes, et cria « sus aux rats ». Aussitôt les bergères, cherchèrent la baston, Les beignets, les châtaignes, et bien sûr les marrons.

Les gens d’armes invités sur l’air des lampions Furent copieusement rossés avec 

Arrêt6
Le Châtelain BERNARD DELILIA fît une réception courtoise et s’empressa de mettre à disposition les archives du château qui avaient été transportées dans sa demeure, car l’ancien Castel de MONTREAL ; comme beaucoup de châteaux environnants, n’existait plus. Pas moins de huit cents corvéables furent employés pendant un mois pour abattre les hautes et antiques murailles de ce manoir si important au XIIIème siècle construit par Etienne II sire de THOIRE. La charte des franchises de MONTREAL, octroyée par HUMBERT IV, sire de THOIRE fût transcrite sans ratures par Maître HUCHET sans omettre ni un accent, ni une virgule. L’historiographe venait à peine d’en terminer la relecture quant RENE de LYOBARD, seigneur de BUSSY et BARON de BRION, actuellement dans son Castel de BRION, vint donner des nouvelles de la guerre. La conversation continua pendant le diner sur la campagne menée par le roi de France LOUIS XIII le JUSTE fait à la FRANCHE-COMTE*. Maître HUCHET tout en devisant avec ses confrères approuvait la qualité des transcriptions en se servant plus que de raison de l’excellent breuvage servi lors du dîner. Le lendemain, très tôt, les cavaliers prirent la route de NANTUA, Maître HUCHET ressentait encore les effluves de la veille, il éperonna avec tant de force, que le cheval partit au galop et que son cavalier inhabile ne put le retenir à temps, l’animal frôla un arbre et le cavalier qui se penchait machinalement en avant, heurta un tilleul avec la tête, fut désarçonné et s’étendit sur la route avec fracas. Maître HUCHET restait immobile, n’osant bouger aucun membre quant un bloc de pierre qui s’était détaché de la montagne lui passa au dessus de la tête. Galvanisé par cette nouvelle frayeur, il regarda d’où le bloc de pierre s’était échappé. Il aperçut alors, se détachant de la montagne qui domine le lac, une grande figure, à la physionomie triste et sévère qui le regardait d’un mauvais œil **. Cette apparition effraya le Clerc, qui s’élança effaré sur son cheval pie en lui enfonçant ses deux éperons dans le ventre, ce qui eût pour conséquence de faire prendre un galop désordonné à sa monture et de l’emmener à toute vitesse à la Porte du PALIN. La sentinelle qui faisait le guet au dessus du château fort avait déjà donné l’alarme et fermé la porte avec précipitation, en criant « aux armes. » Maître HUCHET visiblement toujours apeuré, gesticulait et invectivait les gardes aux portes de la ville, sans pour autant répondre de son identité. Si bien que sa monture fut conduite à la fourrière et Maître HUCHET dans la prison du prieuré. Messire SAMUEL GUICHENON, arriva à NANTUA, absorbé par la lecture des parchemins, quelques heures plus tard, passa la porte de garde sans dommage, annoncé qu’il était par une estafette de BERNARD DELILIA, et se rendit immédiatement chez le prieur, André FREMIOT, archevêque de BOURGES, Primat d’AQUITAINE, conseiller du roi. On fit à MESSIRE GUICHENON une réception digne de lui, et le prieur voulut que l’historiographe fût logé dans ses appartements. Tout entier à la conversation avec le prieur, l’historiographe avait oublié complètement son clerc, lorsqu’on vint annoncer qu’un personnage suspect avait été arrêté par le guet à la Porte du Palin et conduit dans les prisons du prieuré. MESSIRE GUICHENON en conclut que la description correspondait à son clerc et demanda au prieur sa libération.

* LA FRANCHE-COMTE, après la mort de CHARLEMAGNE, a fait partie successivement du SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE, du ROYAUME DE FRANCE ou des ETATS BOURGUIGNONS au gré des unions, des mariages et des échanges entre pays. En 1522, un pacte de neutralité entre la FRANCE et la FRANCHE COMTE est signé par MARGUERITE D’AUTRICHE qui aurait dû être observé jusqu’en 1640. A la fin de sa vie en 1597, PHILIPPE II, qui n’a pas eu de fils, lègue la FRANCHE-COMTE à sa fille ISABELLE à la condition expresse que celle-ci épouse son cousin, l’archiduc ALBERT d’AUTRICHE et lui donne un fils, faute de quoi la province reviendra à l’ESPAGNE en pleine propriété. Au 1er décembre 1633, ISABELLE meurt sans avoir eu de fils et la FRANCHE-COMTE devient Espagnole. Le 27 mai 1635, LOUIS XIII, prétextant que BESANCON avait accueilli GASTON D’ORLEANS, rompt le pacte de neutralité et déclare la guerre à l’ESPAGNE. L’année 1640 est donc une année charnière dans la guerre qui durera 10 ans. La FRANCE et l’ESPAGNE sont à bout de ressources et les révoltes éclatent dans les deux états. RICHELIEU et OLIVARES constatent que la guerre ouverte n’aboutit à aucun résultat. Le marquis de VILLEROI, reçoit de RICHELIEU en personne, l’ordre de couper sur pied toutes les moissons dans les campagnes situées autour des villes comtoises. Protégés par 1500 fantassins et 800 cavaliers : 500 paysans recrutés par le duché de BOURGOGNE sont spécialement chargés de cette tâche. VILLEROI entame sa première opération de « la guerre des moissons ». Autour de DOLE en juin 1640, les défenseurs dolois capturent 15 paysans et les renvoient à VILLEROI la main droite tranchée. RICHELIEU se résout à stopper le fauchage des moissons en herbe. La fin de la guerre de 10 ans est signée en 1644 par MAZARIN. La FRANCHE-COMTE n’a plus d’agriculture, plusieurs villes incendiées, 70 châteaux détruits, 150 villages ont disparu et 60% des francs comtois sont morts dans cette guerre soit environ 245000 personnes. --------------------------------------------------
**La grande figure, qu’a vu Maître HUCHET, est un bloc cylindrique, en saillie dominant le lac à 50 mètres de hauteur environ. Les bizarreries de la nature en ont fait une espèce de statue, à laquelle, depuis un temps immémorial, on a donné le nom de MARIA-MÂTRE, selon un docte archéologue, Mr Désiré MONNIER, président de la société d’émulation du JURA. (Peut-être un parent de Marie Claude MONNIER Animatrice.) Ce rocher curieux était un point consacré au druidisme. MARIA-MÂTRE a fourni matière à maintes légendes dont celle de Claude JAMBON en alexandrins. MARIA-MÂTRE à NANTUA était bonne cuisinière Un jour pour son époux une tarte confectionna Avec queues d’écrevisses du lac même de NANTUA La gourmande la goûta et la trouva si bonne Qu’en reprit et reprit et finit la gloutonne. Son mari en rentrant n’ayant rien à manger De colère sur la tête une pelle lui écrasa Qui aplatit son crâne et lui ouvrit un œil Alors en statue d’pierre Maria fut changée On peut voir le rocher qui maint’nant vous accueille A l’entrée de NANTUA dans une pose altière Sentinelle immobile et qui domine, fière.

Arrêt 7
L’historiographe, qui avait rarement vu des archives aussi bien classées, feuilleta un catalogue exact et détaillé, dressé pour toutes les pièces que renfermait le cartulaire de l’abbaye de NANTUA, aussi il eût un réel plaisir à travailler dans ce lieu. Maître HUCHET s’appliqua à retranscrire la légende de SAINT AMAND fondateur de l’abbaye de NANTUA puis de fastidieuses chartes de franchises* et autres actes d’octrois. Pendant plusieurs jours, ils travaillèrent sans relâche, ne laissant les parchemins et l’écritoire que pour aller se restaurer. Maître HUCHET profitait grandement de cette seule pause, en prenant plusieurs fois des galettes crémeuses aux écrevisses qui faisaient la réputation de NANTUA avec du vin blanc de CERDON. Chaque fois les assiettes revenaient nettes et les bols vides, si bien qu’au bout de quelques jours, il fût pris de fièvres et de nausées attribuées selon lui à la froideur des cachots du prieuré et au coup reçu sur la tête lors de son arrivée. L’eau des sources de la DOYE pourtant si bénéfique n’ayant aucune action sur lui, il fallut ouvrir de force la mâchoire du Clerc pour lui faire ingurgiter des potions purgatives et finalement un élixir de vie. Maître HUCHET revînt peu à peu à l’existence, et poursuivit, dès qu’il pu tenir sa plume, les travaux de retranscription, entre deux accès de fièvre, suivi immédiatement d’une potion d’élixir de vie que les moines lui avaient procurée. Les moines d’abord inquiets furent rassurés de ne pas revivre les affreux événements du 16 AOUT 1639 qui vit la peste se déclarer à NANTUA, et atteindre 740 personnes de contagion en l’espace de 20 jours, où l’on dénombra de source sûre 500 décès, les malheureux succombant tous au milieu de coliques affreuses, d’une soif ardente et le corps couvert de tumeurs purulentes. Les travaux à l’ABBAYE de NANTUA étant terminés, MESSIRE SAMUEL GUICHENON et son Clerc prirent congé, remerciant le prieur pour son hospitalité et pour les bons soins prodigués par les moines. Les portes du poste de garde du PALIN s’ouvrirent et les deux cavaliers reprirent la direction de SAINT MARTIN DU FRESNE, MESSIRE GUICHENON lisant ses parchemins et les yeux livides de Maître HUCHET regardant les sabots de son cheval de peur d’affronter à nouveau le regard de MARIA-MÂTRE. Les deux cavaliers furent contraints de s’arrêter une première fois devant les fourches patibulaires, puis à la dernière maison de PORT, à l’Ecurie Relais aux Chevaux du Sieur COUTURIER afin que Maître HUCHET, plié en deux par des ennuis gastriques, puisse ingurgiter sa potion et reprendre des forces.


*En 1397, GUY de ROSSILLON Prieur de NANTUA, s’accorde avec les habitants de PORT au sujet des droits de mouture; ils s’engagent à ne pas moudre leur grain en dehors du moulin du Prieur, mais des facilités leur étaient reconnues. Ils restèrent néanmoins taillables, corvéables et mainmortables. DEFINITIONS CORVEE : journée que le serf devait au seigneur, soit pour payer la taille, soit au bon vouloir du seigneur. Le corvéable devait travailler du lever au coucher du soleil mais on devait lui laisser un temps raisonnable pour manger et faire paître son bétail. La corvée fût abolie en 1776. MAINMORTE : c’est l’incapacité dont sont frappés les serfs de transmettre leurs patrimoines au reste de leur famille après leur mort. (Le but étant que les biens ne passent pas à des personnes extérieures à la Seigneurie.). La mainmorte fût abolie en 1779. TAILLE: impôt qui peut, suivant les régions, peser sur les individus (taille personnelle) ou sur le foncier (taille réelle). Les bourgeois, la noblesse, le clergé en sont affranchis. La taille fût abolie en 1791. --------------------------------------------------- Au lendemain de l’annexion du traité de 1601, TIBERIO MUTTY, Prieur de NANTUA, déclenche un procès contre les habitants de PORT qui prétendent n’être pas tous mainmortables. Ils restèrent taillables corvéables et mainmortables du Monastère de NANTUA jusqu’en 1608, date où l’acte d’affranchissement fût signé par le Prieur ANDRE FREMIOT, qui suspendit cette affaire. Pourtant, dès le XIIème siècle, dans de nombreuses régions, la mainmorte s’allégea, le seigneur ne prenant qu’un mobilier, une tête de bétail ou une taxe prélevée sur les héritiers. Ainsi les Saint-Martinois sont affranchis de la mainmorte depuis 1251, BEATRIX DE FAUCIGNY, veuve d’ETIENNE II de THOIRE récompense les habitants de SAINT-MARTIN en leur concédant les forêts noires et autres territoires, car ce sont eux qui ont délivré son fils HUMBERT III, capturé par les Nantuatiens. ------------------------------------------------------------ Madame Mireille DUNOYER nous accueille aujourd’hui dans son camping, elle a bien voulu nous donner quelques précisions sur le rocher devant lequel nous nous trouvons actuellement. Ce roc était le support des fourches patibulaires de PORT. Il est soumis aux courants telluriques depuis l’antiquité et les radiesthésistes ont confirmé la présence d’une source au pied de celui-ci. De nombreuses personnes en font le tour pour prier, forcer ou provoquer la chance. Un radiesthésiste local, spécialiste des sciences occultes et de l’invisible, mais malheureusement incompétent en musicologie, a pu entendre et recopier, sortant du champ magnétique du rocher, un LAI* à résonance dramatique chantée par un trouvère. Les spécialistes pensent que ce LAI, nommé la SUPPLIQUE DES PENDUS, date de 1250. *Un LAI, à la fin du Moyen Age est une courte poésie profane ou religieuse, d’origine celte et dérivée du latin, avec des successions de vers courts et longs. C’était l’art de chanter ou de déclamer des légendes, des récits épiques ou féeriques.

Depuis l’aube, un minot, comme en sustentation, Ballotait dans le vent au gré des tourbillons ; Honteux, l’astre pour lui, étirait ses rayons Sans pouvoir réchauffer ce jeune rejeton. Le BON VOULOIR était la devise des puissants sires de THOIRE.

Depuis plus de trois jours, pour un vol futile, Un maraud, sous les fourches a élu domicile ; Sans aucun sacrement, pas même un codicille, Il pendait là, le cou suspendu par un fil. Supprimer tout les ESPOIRS était la devise des puissants sires de THOIRE.

Cette mère, pour du grain et un peu de levain Chipé chez le meunier pour nourrir son gamin ; Sans force et l’estomac tiraillé par la faim Fût pendue haut et court, le lendemain matin. Eviter les MORATOIRES était la devise des puissants sires de THOIRE.

Autour du gibet qui servait de prétoire, L’annonce du verdict, était exécutoire ; Le juge expédiait, gonflé par ses pouvoirs, Les larrons vers les fourches, de façon péremptoire. Faire son DEVOIR était la devise des puissants sires de THOIRE.


Sur ce roc, la justice ne sera plus rendue, Les MANANTS et les GUEUX ont tous été pendus ; Ils se sont réjouis de cette VICTOIRE, les puissants sires de THOIRE.

Mais DIEU s’en offusqua, il céda aux suppliques Des miséreux miteux aux spectres faméliques. En libérant les pendus du PURGATOIRE, il enferma les puissants sires de THOIRE.

Vous qui ne croyez pas à toute cette histoire, Et qui ne priez pas devant ce vieux pendoir, En rendant l’âme à DIEU, vos larmes de DESESPOIR, Ne vous éviteront pas la sentence des puissants sires de THOIRE.

Arrêt 8
L’historiographe, qui avait rarement vu des archives aussi bien classées, feuilleta un catalogue exact et détaillé, dressé pour toutes les pièces que renfermait le cartulaire de l’abbaye de NANTUA, aussi il eût un réel plaisir à travailler dans ce lieu. Maître HUCHET s’appliqua à retranscrire la légende de SAINT AMAND fondateur de l’abbaye de NANTUA puis de fastidieuses chartes de franchises* et autres actes d’octrois. Pendant plusieurs jours, ils travaillèrent sans relâche, ne laissant les parchemins et l’écritoire que pour aller se restaurer. Maître HUCHET profitait grandement de cette seule pause, en prenant plusieurs fois des galettes crémeuses aux écrevisses qui faisaient la réputation de NANTUA avec du vin blanc de CERDON. Chaque fois les assiettes revenaient nettes et les bols vides, si bien qu’au bout de quelques jours, il fût pris de fièvres et de nausées attribuées selon lui à la froideur des cachots du prieuré et au coup reçu sur la tête lors de son arrivée. L’eau des sources de la DOYE pourtant si bénéfique n’ayant aucune action sur lui, il fallut ouvrir de force la mâchoire du Clerc pour lui faire ingurgiter des potions purgatives et finalement un élixir de vie. Maître HUCHET revînt peu à peu à l’existence, et poursuivit, dès qu’il pu tenir sa plume, les travaux de retranscription, entre deux accès de fièvre, suivi immédiatement d’une potion d’élixir de vie que les moines lui avaient procurée. Les moines d’abord inquiets furent rassurés de ne pas revivre les affreux événements du 16 AOUT 1639 qui vit la peste se déclarer à NANTUA, et atteindre 740 personnes de contagion en l’espace de 20 jours, où l’on dénombra de source sûre 500 décès, les malheureux succombant tous au milieu de coliques affreuses, d’une soif ardente et le corps couvert de tumeurs purulentes. Les travaux à l’ABBAYE de NANTUA étant terminés, MESSIRE SAMUEL GUICHENON et son Clerc prirent congé, remerciant le prieur pour son hospitalité et pour les bons soins prodigués par les moines. Les portes du poste de garde du PALIN s’ouvrirent et les deux cavaliers reprirent la direction de SAINT MARTIN DU FRESNE, MESSIRE GUICHENON lisant ses parchemins et les yeux livides de Maître HUCHET regardant les sabots de son cheval de peur d’affronter à nouveau le regard de MARIA-MÂTRE. Les deux cavaliers furent contraints de s’arrêter une première fois devant les fourches patibulaires, puis à la dernière maison de PORT, à l’Ecurie Relais aux Chevaux du Sieur COUTURIER afin que Maître HUCHET, plié en deux par des ennuis gastriques, puisse ingurgiter sa potion et reprendre des forces.



A voir sur le chemin : RUE DU 11 NOVEMBRE : Au n°2 atelier de taille de diamant Au n°15 atelier de fabrication de peignes L’EGLISE : A l’origine, l’église de PORT n’était qu’une chapelle sans clocher construite par les moines de NANTUA au XIIème siècle. C’est dans cette église que fût signé l’acte entre la dame de Thoire et de Villars et le prieur de NANTUA au sujet des limites respectives de leur terres et de l ‘installation des fourches patibulaires plantées entre Port et Montréal sur le Molard de Port en l’an 1251, indiction 8, le mardi après le dimanche ou l’on chante letare Jerusalem. (Qui peut préciser la date ?) (réponse : le mardi suivant le 4ème dimanche de carême soit….. le 28 mars pour 2017) Un texte du 12/09/1700 précise que l’église est non pavée, lambriss&eacut

Arret 9
Derrière l’écurie, près de l’âtre, deux personnages attablés conversaient de manière courtoise en partageant une pinte de vin. L’un, pourpoint rayé et toque noire, allure fière et verbe haut, ressemblait à un commerçant genevois se rendant chez un soyeux lyonnais. L’autre, bicoquet parme et cottereau pourpre, port de tête et éloquence aisée, faisait penser à un dignitaire ecclésiastique allemand. Tous deux avaient été accueillis par les moines hospitaliers de NANTUA la veille au soir, et faisaient route commune. Grâce à son métier, sa grande connaissance des us et coutumes de la région, son œil aiguisé et son intuition d’homme de cour, MESSIRE GUICHENON avait vu juste, l’un était un négociant genevois de confession protestante se rendant à LYON pour chercher des étoffes et de la soie, l’autre un pèlerin allemand catholique venant de BÂLE, avide de connaissances humanistes se rendant à Saint Jacques de COMPOSTELLE. Les quatre hommes repartirent ensemble du Relais en bavardant, les cavaliers mirent leurs montures au pas, celles-ci apaisées et tranquilles, broutaient çà et là, les herbes folles du chemin. La discussion s’engagea longuement sur les chemins à éviter, sur la guerre qui sévissait en FRANCHE-COMTE et sur les désastres laissés par les guerres de religion. La conversation pris une tournure inattendue lorsque l’Allemand parla d’une publication de 1562 intitulée « CONSEIL A LA FRANCE DESOLEE » où un certain CASTELLION mort dans sa bonne ville de BÂLE le 29 décembre 1563 s’en prend vigoureusement aux catholiques et aux protestants qui lèvent des armées ou prennent les armes pour des causes religieuses. Le Suisse avait lui aussi entendu parler de cet homme humaniste et réformateur marginal, persécuté par CALVIN. L’historiographe pourtant très précis dans les dates et les noms, eût quelques hésitations et parla de Michel de MONTAIGNE qui défendait dans ses essais un CASTELLION ou CHASTELLION, traducteur de la bible en Latin et en Français. « Il est vrai » dit-il comme pour se justifier, « que MONTAIGNE ne cessa de modifier jusqu’à sa mort en 1592 ses essais pourtant entrepris dès 1572. » Maître HUCHET qui farfouillait depuis un moment dans ses parchemins en essayant d’aider MESSIRE GUICHENON dans ses recherches, cria « 1515 ». Les trois autres cavaliers érudits qui avaient en tête depuis leurs études en faculté, la date de la bataille de MARIGNAN sous FRANCOIS 1er jetèrent un regard désapprobateur au Clerc. Maître HUCHET rouge de confusion repris plus doucement « 1515, il est né en 1515, pas à MARIGAN mais à SAINT MARTIN DU FRESNE. » « Arrêtons-nous chez le vice magistrat Herve de LIGNY pour en savoir plus », dit alors MESSIRE SAMUEL GUICHENON. « Son épouse, Denise MERCIER de LIGNY, nous sera d’un grand secours, les habitants la surnomment familièrement la VEILLEUSE de la TOUR, en référence aux archives de SAINT MARTIN qu’elle garde précieusement. »

A voir sur le chemin : Place du frêne

Arrêt 10
Texte lu par les amis de la tour
Histoire de St Martin du Fresne et de ses habitants les San-Martinois
St Martin du Fresne possède une situation géographique stratégique. Sa situation élevée (515 m) qui domine la vallée de l’Oignin, commande les sorties de la gorge de Cerdon et de la Combe du Val. Situé au pied du versant ouest de la montagne de Chamoise (la montagne des chamois) elle est arrosée par de nombreuses sources (montrer). C’est en partie pour cela que Saint-Martin a une longue et riche histoire qui n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Saint Martin du Fresne est d’une origine « relativement » récente. L’existence du village prouvée en 974 remonte à deux siècles auparavant. Les abbés de Nantua qui voulaient s’étendre hors de l’étroite vallée de leur abbaye furent attirés par la belle position de St Martin. Ils s’y établirent en fondant un prieuré rural vers 760 (à l’emplacement de l’ancienne cure, maison Jacquemet maintenant) (montrer) .L’époque où cette fondation eut lieu et la grande quantité de frênes qui ombrageaient le site firent nommer ce prieuré St Martin du Fresne . Ce prieuré commençait à prospérer lorsque l’invasion des Hongres, pillant et brûlant tout sur leur passage, leur fit rechercher la protection des puissants Sires de Coligny. Le calme revenu, Nantua revendiqua sa propriété. Les Sires de Coligny ne gardèrent sur ce village qu’un droit de protection qu’ils transmirent plus tard aux Sires de Thoire et Villars. Puis, des maisons se sont groupées autour des religieux : le prieuré est devenu un village. Pour preuve, en 1212 un évêque de Belley, est venu faire une délimitation de territoire entre St Martin et Port. Au même moment, les habitants ont eu des problèmes avec les Chartreux de Meyriat au sujet des droits de dîmes à percevoir sur les terres cultivées et celles défrichées par les habitants. C’est le pape Innocent III lui même qui régla ce différent en 1212. St Martin était convoité par les Sires de Thoire qui disputaient à nouveau aux prieurs de Nantua la suzeraineté de ce bien en invoquant leur droit de garde. Après des luttes violentes, un traité de paix fut signé en 1248 et le droit de garde fut reconnu au Sire de Thoire. Mais la guerre recommença et les Nantuatiens capturèrent le fils du Sire de Thoire, Ce sont les habitants de St Martin qui le délivrèrent. Pour les récompenser, Béatrice de Faucigny la veuve du Seigneur leur donna les forêts noires et autres territoires en 1251. En 1303,un inquisiteur en mission venu de Lyon (frère du prieur de l’abbaye de Nantua Guy de Coligny) « crût » découvrir quelques hérétiques à St Martin (un hérétique est quelqu’un qui soutient une doctrine différente de celle de la religion établie). Il voulut les incarcérer dans la prison du château des Terreaux, mais les habitants s’y opposèrent et les firent s’évader. En représailles, en plus d’une amende, la population entière fut excommuniée !Ce fut quelque chose de terrible que l’on a de la peine à imaginer aujourd’hui. L’église fut fermée. Les cloches ne sonnaient plus. Plus de prêtres pour baptiser les nouveaux-nés ni pour faire les enterrements. A cette époque, le sacrifice était trop grand, les habitants ne purent y résister. Ils formèrent une délégation pour la paix et l’envoyèrent auprès du prieur pour rentrer en grâce avec lui et avec l’Église. La sentence fut levée. En revanche, le prieur de Nantua fit promettre aux habitants de venir moudre et cuire leur pain aux moulins et aux fours du village qui dépendaient du prieuré. Ceux qui ne voudraient pas le faire seraient condamnés à l’amende. Il fut stipulé aussi qu’ils ne donneraient plus asile aux hérétiques. Cette période a marqué les esprits de toute la région : c’est pour cette raison que les St Martinois ont gardé le surnom « d ‘excommuniés » ! Au cours du XV siècle , les St Martinois continuent leurs chicanes à propos des forêts et des pâturages avec le village de Chevillard et la Chartreuse de Meyriat . Plus tard, il y a eu énormément de conflits entre la Savoie et la France. St Martin est passé sous la domination de l’une puis de l’autre plusieurs fois. Ils s’emparaient à tour de rôle du village. Enfin, en 1601 sous le roi Henri IV le Bugey et la Bresse ont été définitivement rattachés à la France par le traité de Lyon. Non sans avoir souffert du passage dévastateur du maréchal de Biron (commandant des armées du roi Henri IV) qui a détruit ce château des Terreaux (le montrer), ne laissant que cette tour (la montrer). Après ces graves événements, le village a profité de la paix retrouvée avant que d’autres malheurs, imprévisibles ceux là ne surviennent. La peste en 1639 décima la population. En 1694, un immense incendie réduisit le village en cendres y compris l’église qui se situait alors à l’entrée du cimetière.Autrefois, à St Martin, trois châteaux faisaient partie d’un ensemble défensif important :Le château des Terreaux dont il ne reste plus que la tour. Véritable forteresse construite vers 1248 par Etienne II de Thoire et Villars. C’est sur la place du Fresne que s’ouvrait l’entrée. Le château de l’Islette qui gardait les moulins sur l’Oignin.(montrer) Château Bruneau, à l’est, le plus ancien (dont il ne reste aucun vestige) situé derrière le vieux quartier de Château Bruneau (montrer). Ils sont situés à égale distance l’un de l’autre.
Place du vivier :Nous nous sommes retrouvés en début d’après midi sur la place du Vivier. Le vivier était un marécage dû à la résurgence des eaux venues de la Combe de Vau. Il formait une barrière défensive au sud du village. Il fut transformé par les moines installés à Château Bruneau en vivier à poissons pour les besoins du carême. Son lavoir date de 1835.Cela a été ensuite un dépôt d’ordures.
L’église : L’ancienne église se trouvait à l’emplacement du cimetière actuel. La nouvelle a été bâtie en 1872,
Place du Fresne : Nommée ainsi car un grand frêne majestueux était situé à cet endroit. Cette place a été longtemps un lieu de rassemblement.
L’ancienne fromagerie : a été construite en 1881 sur l’emplacement du champ de foire . Elle possède de belles caves voûtées pour y ranger 300 meules de comté.
L’ancienne gare : Face à l’immeuble HLM se tient une tour en pierre et un hangar, seuls vestiges de l’ancienne gare du village. C’est là que se trouvait sa centrale d’entretien. La gare elle-même se trouvait un peu plus bas dans la rue. St Martin était un nœud ferroviaire important. En 1913, des trains à vapeur assuraient le trafic entre Nantua, Ambérieu en Bugey, Saint Martin, Brénod et Hauteville. Cette gare était une gare de voyageurs mais aussi une gare de triage pour les wagons de marchandises (la pierre d’Hauteville notamment). La tour abritait le mécanisme d’alimentation en eau des locomotives à vapeur. Le hangar servait de garage et d’atelier d’entretien . Les lignes furent électrifiées en 1929. Ce sont les « trams » qui circulaient alors . La gare ferma en 1954.
Le hangar communal fut construit en 1922,
La fontaine place de la mairie a été reconstruite en 1907 en pierre d’Hauteville de façon octogonale.
L’école de Chamoise (hameau de St Martin) a été ouverte en 1893 et fermée en 1959.(le frère de Michèle Ravier y a été instituteur).
Cimetière Mérovingien « Sur le Chut » (route de Condamine) on a découvert un ancien cimetière Mérovingien en 1958 . (Tout est déposé au musée de Brou) (montrer)
Le trésor monétaire : découvert en 1953 dans la cour de Noël Benoît maintenant maison Nury (quartier de Longeville) un vase en terre contenant environ 2000 deniers d’argent.( A voir au Musée de Brou) (montrer).
La peste en 1639 Quand il y avait des épidémies, on montait les malades mourir dans les bois de Chamoise ou sur Collégeard dans des cabanes construites à la hâte. La maladière (nom donné aux groupements de cabanes) de Collégeard (montrer) devait être commune aux malades de Maillat et de St Martin.
Le chanvre : Au 18e siècle St Martin était une paroisse grosse productrice de chanvre. Les derniers champs ont été cultivés en 1920.
Maisons anciennes : La maison Gobet avec son « redressoir » à bois donne une idée des maisons anciennes de St Martin. Accolées en profondeur car à l’époque peu de place était accordée au sujet pour construire son habitation. Les Seigneurs voulaient avoir le maximum de terres libres donc les maisons étaient collées les unes aux autres .
Tradition : Les San-Martinois avaient coutume, le soir, de manger leur bol de soupe assis sur le banc de bois devant leur maison.


Puisque vous avez bien marché et que nous sommes en avance, notre poète Claude a mis en vers, la douloureuse excommunication des habitants de St Martin du Fresne, que vous venez d’entendre au pied de cette tour. A Saint Martin du Fresne, en l’an Mille-trois-cent-trois Furent excommuniés tous les San-Martinois ! C’est une étrange affaire due au frère du Prieur De Nantua, venu là comme inquisiteur, Il déclara avoir trouvé des hérétiques Dans la population et voulut qu’on pratique Leur enfermement dans les cachots du château, Mais bien des habitants réagirent aussitôt En libérant les accusés. L’inquisiteur, Regagna Nantua, en proie à une grande fureur… Une amende de mille livres fut infligée aux gens, Et tous excommuniés, hommes, femmes autant qu’enfants ! L’ensemble des résidents trouva que c’était trop, Ils refirent les murailles tout autour du château Et montèrent bonne garde aux fortifications. Une troupe de Nantua eut la stupéfaction De trouver la ville close et n’y put pénétrer, Et vit la dominant une multitude armée. Le Prieur courroucé fit faire des sommations Auxquelles on répondit sans considération Par des sons discordants issus des cornes servant A rassembler les chèvres, à la joie des manants ! Humiliation pour le Prieur, avec ces rires, Fallait-il faire tonner la poudre pour en finir ? Il décida que non, de laisser faire le temps, L’excommunication. Plus d’église, plus de cloches Pour les morts, les naissances, les mariages, bien trop grand Sacrifice, on ne put plus longtemps résister, Un parti se forma pour que l’on se rapproche Du Prieur de Nantua, nomma des députés Pour aller dire que St Martin s’était soumise. Le Prieur rassembla pour des sortes d’Assises Les notables de la ville, et l’Abbé de Cluny, à Nantua, dans la salle d’honneur de l’Abbaye, Où là, les délégués s’avancèrent humblement Jusqu’au pied de l’Abbé, et le plus éloquent D’entre eux exprima les regrets, la contrition De tous, et leur demande de réintégration. L’Abbé de Cluny, touché par le plaidoyer, Conseilla le retour dans la communauté De l’église. Le Pardon de décembre accordé, L’excommunication fut, Dieu merci, levée !

A voir sur le chemin : MAISON GOBET : « redressoir » à bois dit « redressae » et poteaux de chêne sur pyramides tronquées de pierre

Rappel : changer chaussures pour la conférence à 18h salle des trois châteaux

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