Randonnée Les Lapidaires 24/05/18
Le lapidaire doit son nom au latin lapis ( la pierre) qui a donné le lapiaz ou lapié (champ de pierre), le lapis-lazuli pierre bleue, le verbe lapider lancer des pierres, le lapidaire tailleur et polisseur de pierres fines ou précieuses, et … la pie qui chante ?
Il faut remonter très loin pour connaître et comprendre les origines du métier de lapidaire. Dès l’âge de la pierre polie, l’homme s’est rendu compte de l’intérêt qu’il avait à utiliser pour ses outils une pierre rendue totalement lisse, mais la démarche, à l’époque, était plus pratique qu’esthétique et au 5 ième siècle avant Jésus Christ on trouve des pierres taillées, polies ou gravées mais uniquement par usure, ce qui était une véritable prouesse.
En Inde, aujourd’hui, les lapidaires tiennent encore la pierre qu’ils taillent entre leurs doigts et la soumettent au va-et-vient de l’archet qui fait tourner leur disque abrasif.
La technologie a néanmoins fait de grands progrès, surtout en Europe où la France et l’Allemagne se sont réparti les spécialités.
Les Allemands qui, jusqu’au début des années 1970 possédaient des mines d’agate et de quartz dans la vallée de Sarrebruck se sont naturellement spécialisés dans la taille de la Pierre Fine. Ils restent aujourd’hui les premiers spécialistes dans ce domaine pour les pierres de très belle qualité
En France, le métier de lapidaire fut jusqu’à ces dernières années une sorte de religion. A la Renaissance, on parle d’abord de "Crystalliers" réalisant des imitations de diamants en verre. Paris fut et reste aujourd’hui "La Mecque" du métier de lapidaire à qui les grands joailliers demanderont souvent de véritables tours de force. Dans le Jura, on note la présence des premiers lapidaires vers 1550. Les horlogers suisses, qui avaient fui Genève et les persécutions protestantes, utilisaient des rubis taillés pour la réalisation des pivots de
pendule. Réinstallés dans les Monts du Jura, ils trouvèrent les lapidaires pour réaliser ce travail ainsi que la taille des verres et l’ornementation des boites de montres., ces deux métiers fournissant une occupation idéale pour les longs mois d’hiver. En 1650, la Révocation de l’Edit de Nantes bouleversera tout ce petit monde. Certains, de confession juive ou protestante partiront vers la Suisse ou la Hollande pour tailler le diamant. Les horlogers s’établiront dans la vallée de Joux. Les lapidaires resteront dans la région de Saint-Claude et seront près de huit mille ouvriers dans les années 1900. Il subsiste aujourd’hui trois ou
quatre petits ateliers sur Saint-Claude ou sa région... à Paris, guère plus. Les modes, la "mondialisation" auront eu raison de cette profession. Le coût du travail en France ne permet plus de "produire", c’est-à-dire de tailler des pierres d’après le brut. Certains le font pour leur plaisir, tant il est vrai que c’est dans cet exercice que le tailleur se réalise pleinement.
Les lapidaires français, ont vocation, pour certains, à réaliser des travaux d’ajustage pour la Haute-Joaillerie. Les autres se destinent plus aux travaux de réfection et d’entretien des pierres. En effet, sertir une pierre sur une bague, par exemple, l’expose à toutes sortes d’agressions et chocs divers qui vont la ternir, l’abîmer. Le lapidaire, par son savoir-faire, lui rendra tout son éclat, tout en préservant sa taille initiale et quasiment sans perte de poids.
Le lapidaire est aussi négociant, marchand de pierre et souvent le mieux placé pour vous conseiller lors d’un achat puisqu’il connaît parfaitement le produit.
Il est aussi très souvent gemmologue (la gemmologie est la science qui régit l’étude des pierres précieuses, fines et ornementales). Il lui est en effet nécessaire de connaître parfaitement la matière sur laquelle il doit intervenir.
En France, il n’existe qu’une seule formation diplômante initiale, qui est le CAP lapidaire. La formation se fait en alternance dans l’un de ces trois organismes :
• l’École de la rue du Louvre, à Paris :
• le CFA du centre de formation des apprentis SEPR à Lyon ;
• l’Institut de bijouterie de Saumur.
On estime communément qu’un lapidaire est complètement autonome au bout de 10 ans. Il y a une section lapidaire au concours de Meilleur Ouvrier de France.

Et de manière lapidaire, autre sens du mot qui signifie concis, nous vous informons qu’il y aura des élections dans votre club de retraite sportive à la rentrée prochaine, élections nécessaires pour renouveler les troupes et les idées, pensez-y, il y a peu de réunions..

 

Randonnée Virieu 17/05/18
Virieu, -le-Grand, comme Alexandre, et non pas -le Petit comme Napoléon III selon Victor Hugo possède dans son patrimoine touristique une cascade au très joli nom poétique : Clairefontaine, dans un cadre idyllique. Cette chute de la rivière Arène, offre un spectacle féerique en hiver lorsqu’elle est émaillée de givre et de stalactites de glace.
Honoré d’Urfé dont le buste orne la fontaine de la place principale, .l’auteur du premier roman écrit en langue française : l’Astrée, l’a décrite dans « le Sireine », poème de ses amours d’antan. D’urfé natif de Marseille, seigneur de Virieu par son mariage fut récompensé par Louis XIII, pour services rendus au pays par le titre de marquis du Valromey.
À la Claire Fontaine est une chanson française traditionnelle qui viendrait d'un poème anonyme et aurait été composée par un jongleur du XVe ou du XVIe siècle., Très populaire en France, elle l'est aussi en Nouvelle-France / Québec dont elle fut même le 1er hymne national, elle a connu plus de 500 versions, on vous livre celle-ci avec les paroles originales supposées qui prêtent à interprétation : S'agit-il d'une fille mal mariée, d'une fille prise de tristesse le jour d'une noce parce qu'elle ne peut plus épouser un garçon après s'être refusée à lui et donnée à un autre ? jugez par vous-même :
En revenant des noces, j’étais bien fatiguée,
Au bord d’une fontaine, je me suis reposée
Et l’eau était si claire, que je m’y suis baignée ;
À la feuille du chêne, je me suis essuyée...

Sur la plus haute branche, le rossignol chantait :
Chante, rossignol, chante, toi qui a le cœur gai !
Le mien n’est pas de même, il est bien affligé !
C’est de mon ami Pierre, qui ne veut plus m’aimer,
Pour un bouton de rose, que je lui refusai.

Je voudrais que la rose fût encore au rosier,
Et que mon ami Pierre fût encore à m’aimer.

Et bien sûr l’ami Georges qu’elle a inspiré en a fait ;
Dans l’eau de la claire fontaine Elle se baignait toute nue.
Une saute de vent soudaine Jeta ses habits dans les nues.
En détresse, elle me fit signe, Pour la vêtir, d’aller chercher
Des monceaux de feuilles de vigne, Fleurs de lis ou fleurs d’oranger.
Avec des pétales de roses, Un bout de corsage lui fis.
La belle n’était pas bien grosse : Une seule rose a suffi.
Avec le pampre de la vigne, Un bout de cotillon lui fis.
Mais la belle était si petite Qu’une seule feuille a suffi.
Elle me tendit ses bras, ses lèvres, Comme pour me remercier...
Je les pris avec tant de fièvre Qu’elle fut toute déshabillée.

 

Le jeu dut plaire à l’ingénue, Car à la fontaine, souvent,
Elle s’alla baigner toute nue En priant Dieu qu’il fît du vent,
Qu’il fît du vent...


L’histoire de Virieu est longue, les roches qu’on peut y voir ont plus de 100 millions d’années, on a trouvé des sépultures gallo-romaines et d’autres, d’origine burgondes. Après la conquête romaine, Virieu-le-Grand prit une certaine importance grâce à la présence de sources et à sa situation au carrefour de plusieurs voies de circulation. Au XIe siècle, Virieu passa sous la domination de la Maison de Savoie . Un membre de cette famille fit alors ériger le château, tout en haut du village. Dévasté lors d’un incendie en 1726, il ne fut jamais reconstruit. La porte de la Maréchalerie (son entrée principale) en est un vestige. Au Moyen-Âge, Virieu était renommé pour ses tanneries et ses cuirs.
En 1601, le traité de Lyon, signé par Henri IV, incorpora la seigneurie de Virieu au royaume de France.
En empruntant la route de Lyon, vous passerez devant le Clos Montfalcon, agréable jardin public. Au fond de ce parc, se trouvait probablement la plus ancienne maison de Virieu : La Maison Gros maison à arcades récemment modifiée. Une venelle va ensuite vous conduire au quartier de La Moutarde.
Là, vous pourrez remarquer une bâtisse qui a conservé les caractères propres aux maisons de vignerons Bugistes : cellier, habitation à l’étage, granges avec lauzes placées en pare-feu, jardins séparés du corps de logis. L’église Saint-Romain se trouve dans ce quartier.
Elle fut édifiée au XIIème siècle, partiellement détruite à la Révolution puis, remaniée en 1819, on poursuit la visite par la rue du Montet où l’on peut voir :La Tour des Prost
C’était une tour de péage qui fut construite vers 1370 (la maison du prévôt, propriété de la famille des Prost, puis de la famille Fabry.) La Maison des seigneurs de Longecombe (à gauche) la plus ancienne des trois nobles demeures de cette rue, avec un porche ogival ses fenêtres à meneaux, sa tour décapitée. La Maison Mugnier – Callet (à droite)
qui date du début du XVIe siècle. Ce beau bâtiment fut construit pour Pierre Mugnier, camérier du duc de Savoie, haute tour carrée, fenêtres à meneaux et porte moulurée. La Maison des Lompnes avec la Tour de Croz., magnifique maison édifiée au XVI siècle pour Mermet des Grièges, péager. Une partie est de cette époque. L’autre, lui est postérieure. Très curieuse toiture qui couvre la tour : un toit à pan coupé garni de lauzes disposées en fer à cheval. La place de la mutualité, au début du XXème siècle, se trouvait à cet emplacement, une coopérative de production de beurre et de gruyère Un ancien four banal (seul restant des trois qui existaient autrefois dans le village) est mis en service, lors de « la fête du four « . Il sert à la préparation de tartes, de salés et de pains à l’ancienne., on poursuit l’ascension vers le haut du village, on passe devant les anciennes usines à chaux et ciment Lourdel, devenues, après leur fermeture, une colonie de vacances.
Pour ceux qui l’auraient oublié, on rappelle que les marches que l’on voit sur les pignons des toitures se nomment des redents ou redans ou gradins ou encore plus poétiquement des pas d’oiseaux ou pas de moineaux.
Virieu recense en plus d’Honoré d’Urfé quelques personnalités ;
Claude Vézu dit Jean-Bart né à Virieu en 1749 , devenu général de la Révolution et de l’Empire, après avoir incorporé l’Armée comme simple soldat.

Honoré Fabri, né en 1607 à Virieu, mort à Rome, théologien jésuite, mathématicien, physicien et polémiste. En 1646, il publie "Tractatus de motu locali physicus" qui vise à réfuter la théorie de Galilée sur la chute des corps., il a controversé également Huygens concernant les anneaux de Saturne, ce qui le conduira en prison,
C’est lui qui a découvert la nébuleuse d'Andromède. Il a aussi développé une théorie des marées qui se fonde sur l'action de la lune. Il a également étudié le magnétisme, l'optique et le calcul.
De nombreux auteurs accordent au père Fabri une part importante dans la découverte du phénomène de la circulation sanguine.

Philibert Berthelier, né vers 1465 à Virieu, décédé le 23 août 1519 à Genève, est l’un des pères de l'indépendance genevoise, nous avons vu sa statue au pied de la tour de l’Ile
lors de notre randonnée à Genève il y a 2 ans.

 

Rando de Dramelay 03/05/18
Fermez les yeux, imaginez-vous en 1150, dans Dramelay le château bourg fortifié, clos de murailles percées de 2 portes, votre seigneur est Bernard de Dramelay, grand maître de l’ordre du Temple, il va partir en croisade en Palestine. Le 16 août 1153, les Templiers participent au siège d'Ascalon, que Baudouin III veut arracher aux Égyptiens, les Templiers construisent une tour roulante que les assiégés parviennent à enflammer. Mais ces assiégés sont trahis par le vent qui souffle les flammes sur les remparts et ouvre une brèche dans laquelle s'engouffrent les Templiers, Bernard de Dramelay, à leur tête qui mène l'assaut sans prévenir son chef Baudouin III, (il faut toujours prévenir le chef), les assiégés ayant constaté le petit nombre d’assaillants se ressaisissent, et les massacrent. Leurs corps sont exposés sur les remparts, leurs têtes coupées sont envoyées au sultan, en Égypte.
L’ordre des Templiers, trop puissant et faisant ombrage à la royauté sera dissous par le roi Philippe IV, le 19 mars 1314, le dernier grand maître Jacques de Molay au moment de périr sur le bûcher aurait prononcé ces paroles célèbres reprises dans l’œuvre de Maurice Druon les Rois Maudits, adaptée 2 fois à la télévision : Maudits ! Maudits ! Tous maudits jusqu'à la treizième génération de vos races !" La malédiction du grand-maître allait s'avérer exacte : Clément V meurt le 20 avril 1314 d'étouffement. Philippe le Bel décède dans la nuit du 26 au 27 novembre 1314 d'un ictus cérébral ; ses trois fils mourront dans les 12 années à venir, sans laisser de descendance mâle, mettant ainsi fin à la lignée des Capétiens directs.
Une autre branche de la famille des Dramelay possèdera une dizaine de châteaux en Grèce et pas moins de 34 châteaux en Franche-Comté dont celui de Présilly. Un Dramelay, Amédée, archevêque de Besançon, fera construire la chapelle que l'on trouve en contrebas de la tour.
Le bourg de Dramelay passé par la suite sous la domination des Chalon, sera détruit ainsi que le château par les armées de Louis XI en 1479. Néanmoins en 1850, 9 maisons étaient encore habitées, comptant une cinquantaine de personnes, la dernière maison habitée fut incendiée le 17 mai 1944 par l’armée allemande. Regardez autour de vous, de nombreux vestiges de puits, murs, habitations, etc subsistent, envahis par la végétation.

Oyez bonnes gens, oyez la bien triste aventure
Que l’on va vous conter, ici, non loin des murs
De la tour de Dram’lay. En 2011 en août,
Le 25 de ce mois, Elodie, ça nous coûte,
Perdit la vie pauvrette, au bas de la cascade,
En un terrible drame se finit la balade.
S’étant trop approchée, du bord, elle a glissé,
Voulant faire une photo, hélas elle est tombée,
Elle avait 19 ans et la vie devant elle,
Amis, gardez-vous bien, ne brûlez pas vos ailes.
Mais vivez votre vie, sachez en profiter
Elle a de bons moments pour nous les retraités,
Ainsi ouvrez vos yeux, et à la Quinquenouille,
Peut-être en cherchant bien, y verrez-vous Jacquouille,
Venu du Moyen-âge, du temps des templiers,
Il fut successivement écuyer puis gruyer,
Un officier public chargé de s’occuper
Des forêts domaniales pour le compte d’un souverain,
Du gibier qui y vit et des arbres à couper.
Lors, les temps étant durs, ainsi que le terrain
Jacquouille devint ripoux, surnommé ‘La fripouille’,
Visiteur du passé, attaché aux présents,
Les présents justement, il s’en remplit les fouilles,
Mais ses biens mal acquis, il finit tragiquement,
Son fantôme nous escorte lors de nos randonnées,
Pour expier ses fautes, mais à jamais damné.

 

Rando Ramasse 26/04/18
Ramasse était composé de deux villages : Saint-Julien qui fut habité jusqu’en 1540 et Tapoirat qui subsista plus longtemps puisque quelques foyers étaient encore recensés en 1880.
Les habitants qui survécurent aux épidémies de lèpre ou aux incendies, se sont « ramassés » pour former le village actuel de Ramasse et se nomment : non pas Ramassis, mais Ramassards, Ramassardes, ceux de Drom sont les Dromniers et Dromnières.
Toute la vallée de Drom-Ramasse a une problématique forte liée à l'eau. L'été, il n'y a pas d'eau et l'hiver, des inondations. Par endroit, l'eau sort de terre sous la forme de véritables petits geysers, par temps de grosses pluies, les lacs souterrains formés aux ères secondaire et tertiaire se mettent en « pression » et le trop-plein crève le sol en donnant des colonnes d’eau jaillissantes que les gens du pays appellent des « tromphiaoux ».
Suite à plusieurs inondations graves entre 1840 et 1856, un tunnel d’assèchement de 900m de long fut créé en 1869, à l’initiative des élus de Drom sur le territoire de Ramasse, pour guider les eaux en direction de la vallée du Suran.
Muni d’un casque, d’une lampe et de bottes, ce tunnel qui est situé à mi-chemin entre Drom et Ramasse, à l'est de la route, signalé par un petit panneau indicateur, vous pouvez l’emprunter, il est en accès libre, il faut au départ descendre par une échelle de 4m à l'entrée amont, on vous conseille cependant une visite guidée qui comprend aussi le chemin de l’eau depuis Drom.
Le tunnel n'a pas été une réussite car l'eau ne s'y est jamais engouffrée, mais par chance il comporte une faille au milieu qui rejette ainsi de l'eau dans la seconde moitié du tunnel en direction de Rochefort et désengorge un peu la vallée de Drom car moins d'eau remonte en surface.
A l’entrée de Drom, le piédestal de la croix de Luy marque l’emplacement de l’ancienne fosse des enfants morts-nés. La mortalité infantile était là très importante, due à l’extrême indigence de la population qui demandait souvent la charité aux Burgiens, et due aussi aux insuffisances médicales de l’époque qui sont en cours de se reproduire, hélas, pas qu’à Drom et Ramasse avec les politiques de santé appliquées depuis une vingtaine d’années.
La fontaine correspond directement avec le bassin souterrain, elle se remplit parfois et peut contribuer à inonder le village, l’inondation de 1840-1841 est des plus mémorables, les habitants durent se déplacer en barque durant plusieurs mois et l’on improvisa même 4 ports.
Entre Drom et Ramasse les carrières de pierre représentaient une activité importante, avec 2 variétés particulièrement appréciées : le revermont jaune et une autre au joli nom de chandolin fleuri, les opérations de marbrerie étaient réalisées à Sault-Brenaz.

Depuis 2004, une spécialité de Drom a retrouvé vie, dont Laurent Gerra, l’humoriste originaire de la région est le parrain, il s’agit du Clon, fromage au lait cru agrémenté de safran, fabriqué dans la fruitière de Drom, et dont les grandes lignes de fabrication ont été redécouvertes en 2000 dans les fonds des Archives départementales.
Clon et tête de More étaient les appellations de l'époque où ce fromage fabriqué dans les fermes et renommé, était offert aux hôtes de marque, vendu dans les foires locales, mais également exporté pendant de nombreux siècles sur les tables des ducs de Savoie, des rois de France et même du Vatican. Sa fabrication cessa progressivement dès le XVIIe siècle jusqu'à sa totale disparition, sans que l'on en sache les raisons.
Le safran, variété de crocus, qui donne son goût et sa couleur jaune au Fromage de Clon, est infusé dans du lait dans une petite casserole en étain, ou « topette », puis ajouté au lait cru de vaches montbéliardes. Le mélange tiédi est ensuite mis à cailler en bassine. Le caillé est brisé grossièrement, puis moulé et égoutté, avant d’être frappé du nom de Fromage de Clon, ou de l'emblème de la Bresse, la fleur de lys. Salé et retourné, il est affiné deux mois au minimum (vers 1300, on le laissait jusqu’à deux ans en cave et sa pâte verdissait).
Chapelle des Conches
On en trouve une première citation au XVIe siècle, mais elle est bien plus ancienne, on a retrouvé dans les fondations un sarcophage d’origine incertaine qui se trouve maintenant au Musée de Brou, et une vierge aux raisins. L’édifice actuel a été reconstruit en 1839.
Nos lointains ancêtres, sûrement du peuple des Séquanes, habitaient déjà ce lieu, vivant d’élevage, de culture et de commerce avec leurs voisins les Eduens et les Romains.
Vers 50 après Jésus Christ, après la conquête de la Gaule, les Romains remarquèrent bien vite les avantages stratégiques de ce premier chaînon du Jura ; ils amenèrent leurs dieux avec eux, construisirent des temples, et probablement implantèrent la vigne.
Nos ancêtres les Celtes, avaient développé un système religieux polythéiste (qui admet l'existence de plus d'un dieu), sous l’autorité des druides. On peut donc penser que ces nouveaux cultes romains sont venus, soit en plus des dieux existants, soit en juxtaposition, et, progressivement, ont assimilé les cultes locaux à partir du 1e siècle av. J.-C.
Venu directement d’Asie mineure, le premier évangélisateur arrive en Revermont vers l’an 150. Les persécutions romaines des 1ers siècles vont contraindre les croyants à être prudents et à ne pas exercer leur foi au grand jour pour ne pas attirer l’attention.
Ainsi, Ils auraient creusé une crypte dans un cimetière sur le versant oriental :
Cet oratoire souterrain des premiers chrétiens semble avoir été construit vers l’an 180 avant J-C et saurait été détruit vers l’an 305. L’édifice sera reconstruit plus au nord, sur les ruines du temple à Bacchus (lors de l’établissement de la paix religieuse de l’empereur Constantin, après l’an 313. Toujours dédié à Notre Dame des « Conches », cette chapelle sera le baptistère (retrouvée en 1950 par l’abbé Gringoz alors qu’il creusait une citerne) ;
C’est l’invasion des Sarrazins, vers 730, qui a dû, cette fois, causer la destruction de ce bâtiment. Les Francs chassent les Sarrazins de Bourgogne, le baptistère est reconstruit un peu plus à l’ouest (emplacement actuel pour être vu de la Bresse ) comme une petite forteresse.
Les moines constructeurs le complétèrent d’un bâtiment pour les abriter : le prieuré de Tassona (dont on distingue encore aujourd’hui les fondations).
Cette fois, ce sont les soudards de la guerre de cent ans qui le pillent et l’incendient vers 1360. Il faut attendre 1402 et les ducs de Savoie pour retrouver la prospérité. Le sanctuaire est rebâti au même endroit . . . et incendié vers 1536, lors de la conquête de la Bresse et du Bugey par les troupes de François 1er .
En décembre 1794, au plus fort de la Révolution, les administrateurs de la commune de Ramasse sont contraints de le raser, mais un autre sanctuaire est encore reconstruit au même endroit, en 1839, par les habitants de Ramasse et des Combes :celui que l’on connaît aujourd’hui.
A proximité de la chapelle, se trouvent les ruines de l’église de St Julien-sur-Roche : cette église datait du XIIIème siècle et a été incendiée en 1536. Ses ruines sont classées monuments historiques depuis 1945.

Chamoise 19/04/2018
Chamoise, hameau de St Martin du Fresne, ainsi que montagne et plateau du même nom, n’est pas le féminin de chamois, comme rémoise l’est de rémois, nîmoise de nîmois, ou l’oise de l’oie…mais une forme conjuguée du verbe chamoiser, je chamoise, tu chamoises, il ou elle chamoise, qui signifie préparer des peaux par un tannage approprié, le chamoisage.
Le chamois comme tout animal rêve, et même fait des cauchemars, le plus connu pour lui est celui de nettoyer des lunettes…
Le chamois, camox en latin, très présent ici à une certaine époque, est un mammifère de la famille des Bovidés et de la sous-famille des Caprinés, appelé isard dans les Pyrénées.
Le chamois mesure en général, pour le mâle adulte entre 125 et 135 centimètres de long, et entre 70 et 80 centimètres de haut, ses cornes sont d'environ 27 centimètres, et son poids compris entre 22 et 62 kilos. La femelle est presque toujours inférieure en poids et en taille.
Les chamois peuvent vivre jusqu’à 25 ans, mais peu dépassent 15 ou 16 ans car l’usure des dents les empêche de s’alimenter correctement.
Les sabots sont constitués de deux doigts de pied qui peuvent s’écarter pour mieux adhérer aux rochers. Le pied des chamois comporte également une cloison entre les doigts recouverte de poils, faisant office de raquettes, qui leur évite de trop s’enfoncer dans la neige.
Le cœur du chamois très volumineux, pèse de 300 à 350 grammes pour 30 à 50 kilogrammes, en comparaison, le cœur de l’homme fait environ 250 grammes pour 60 à 80 kilos, son sang contient 4 à 5 fois plus de globules rouges que l’homme, et ses poumons sont également très grands. Ces particularités font qu’il peut aisément gravir et descendre de grands dénivelés en quelques minutes.
Jusqu’à la 4 ième année, le mâle est appelé éterlou, et la femelle éterle.
Ils mangent principalement des graminées et des fleurs mais à l’occasion aussi du feuillage, des arbustes, voire des baies.
Les chamois ne boivent presque jamais d’eau, ils la trouvent en quantité suffisante dans les plantes qu’ils ingurgitent, raison pour laquelle ils ne traversent pas la route à Nantua pour aller s’abreuver au lac, et pour éliminer, la femelle urine en arrière des pattes postérieures alors que le mâle le fait entre ses quatre pattes.
Dès la quatrième année, les mâles ont, lors de la période de rut, de fin octobre à décembre, un long pinceau pénien prolongeant le fourreau de la verge.
L’acte sexuel dure 4 à 6 secondes. Il arrive que plusieurs mâles accouplent la même femelle et ceux-ci procèdent à plusieurs saillies sur une même chèvre. Les mâles sont polygames. Après la période de rut, les mâles sont généralement très fatigués pouvant perdre jusqu’à 25% de leur poids, ils retournent alors à leur solitude pour se refaire une santé, à l’écart de la harde…
Le bézoard, pas de rapport si l’on peut dire, avec l’acte sexuel est une sorte de boule contenue dans certains estomacs de chamois, agrégat de la taille d'une noisette à celle d'un œuf de poule, constitué de fibres, de débris végétaux et de poils de léchage liés par la résine ingérée en même temps que l'écorce des conifères. Cette boule peut devenir lisse et brillante, brun foncé et dégager une forte odeur musquée. Tous les chamois peuvent avoir cela qui ne les affecte généralement pas trop. Un bézoard trop volumineux peut être cause de mort car le transit intestinal en est bloqué, mais les cas mortels sont rares.
Le bézoard, mot venant du persan qui signifie : qui préserve du poison, aussi appelé « pierre de fiel » ou « perle d'estomac peut se trouver aussi dans des estomacs humains, il était réputé pour ses propriétés anti-poison au même titre que la corne de licorne, censé protéger de la peste, et des venins, il a également servi d'objet décoratif chez les collectionneurs de curiosités des XVIIe et XVIIIe siècles., et faisait déjà l'objet de contrefaçons.
Selon la tradition médicale, on rapporte que cette pierre était le produit des larmes d'un
cerf-chèvre, animal fantastique proche du Tragélaphe.
Par dérivation et glissement de sens, le bézoard désigne parfois l'animal qui produit cette pierre.
En 1557, alors qu'à cette époque, on attribuait des propriétés magiques curatives quasi-miraculeuses, dont celle d'antidote, aux bézoards,Ambroise Paré chirurgien du roi pensait lui que cela était impossible. Or, il arriva qu'un marmiton à la cour royale fut pris à voler de l’ argenterie, et condamné à la mort par pendaison. Le marmiton accepta plutôt d'être empoisonné à condition qu'on lui administre un bézoard immédiatement après le poison et qu'il soit libre s'il en réchappait. Comme il en mourut sept heures plus tard, Paré prouva ainsi que la pierre ne pouvait guérir de tous les poisons comme on le croyait alors.
Donc pensez-y si on vous propose un bézoard pour vous guérir de quelque-chose !

 

Izernore 12/04/18
Izernore, d’abord petite bourgade gauloise au 2 ième siècle avant JC, va connaitre un essor important entre le 1er et le 3 ième siècle après JC, après la conquête romaine, devenant Isarnodurum, la porte du fer, au croisement des voies romaines venant de Lyon et Genève. Plusieurs villas gallo-romaines ont été mises au jour à Bussy et à Pérignat et à Izernore même subsistent les vestiges d’un temple romain.
Un musée archéologique créé en 1911 présente le résultat des campagnes de fouilles effectuées.
Izernore est à ce jour la seule agglomération antique connue du Haut Bugey, elle fut postulante à être reconnue comme étant Alésia.

La semaine dernière, nous étions à Aranc, aux sources de La Jarine, puis Borey, puis Oignin , seule rivière du département à couler du Sud vers le Nord. Nous sommes ici dans le Val d’Enfer de l’Oignin, il existe d’autres ‘val d’enfer’, à Cerdon, aux Baux de Provence, en Auvergne, en Ardèche, en Savoie, entre autres. Dans ce val d’enfer, on trouve la gouille de l’enfer, le pont de l’enfer, le saut du Thorrey, près des ruines de la première usine électrique construite entre 1895 et 1902, l’usine électrique des Trablettes construite en 1912, alimentée par une conduite forcée de 1,80m de diamètre, où l’eau captée par le barrage chute de 60m, on voit encore les vestiges de l’ancien aqueduc, canal à ciel ouvert de 800m qui conduisait l’eau de l’ancien barrage aujourd’hui noyé, à l’ancienne usine du Thorrey, canal qui a servi aussi de lavoir à linge.
Le barrage d’Intriat haut de 5m, long de 100 a été construit en pierres à partir de 1913, sur le site d’un ancien moulin, à l’initiative de la famille Montange, fondatrice de la société Forces de l’Oignin, nationalisée en 1946. Le barrage alimente l’usine des Trablettes, 1 km en aval, par une conduite en ciment qui fait passerelle sur l’Oignin.
Rive droite, le « dégrilleur » est destiné à éliminer les débris transportés par la rivière, à la prise d’eau de l’alimentation des Trablettes.

Sonthonnax-la-Montagne comporte en plus du village les 2 hameaux de Napt et Heyriat, c’est une commune dynamique avec notamment La Berthiannaise course de VTT qui a connu une vingtaine d’éditions, mais qui a cessé faute de bénévoles, et le Rock’Heyr, en juillet, festival de rock gratuit. Et reste dans les mémoires, la fête de la St Laurent qui réunissait une foule immense avec des animations hors-norme dans le parc du château d’Heyriat , notamment des baptêmes de montgolfières ou d’hélicoptères. Demeure aussi la légende de la grotte de Bovaté rapportée par Jean Chaveyron dans Histoires et Légendes du Ht Bugey :
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En ce début d’année 1655, les habitants de Mornay et des hameaux voisins vivaient dans la terreur, n’osant sortir de leurs maisons. Un ours d’une taille monstrueuse avait fait son apparition dans le pays et faisait des ravages épouvantables, dévorant vaches et moutons jusque dans les étables.
Pierre Butavand de Nurieux avait vu l’empreinte de ses pas sur la neige, larges comme ses deux mains et des griffes longues comme ses doigts.
Gustave Chapon de Napt avait vu depuis la lucarne de son grenier sa tête grosse comme la cloche de la paroisse.
Cela ne pouvait durer, on décida d’aller trouver les frères Berchet de Crépiat, 2 vieux garçons dont on connaissait la réputation d’habiles et courageux chasseurs, pour leur demander de débarrasser la contrée de cet hôte indésirable.
Et c’est ainsi que le 2 février, jour de la Chandeleur où l’ours rentre dans sa demeure, les Berchet ayant chargé leurs mousquets et glissé un grand couteau dans leur ceinture se présentèrent à l’entrée de la grotte de Bôvaté à quelques centaines de mètres du village de Napt. Un grognement venu du fond de la caverne les accueillit. L’ours était là. Sans hésiter, les 2 frères pénétrèrent dans la grotte, ils ne devaient jamais en ressortir.
Des jours se passèrent sans qu’on osât approcher de la caverne. Au bout d’1 mois, l’ours n’ayant pas reparu, on se hasarda à pénétrer dans l’excavation. On retrouva seulement les ossements des malheureux chasseurs, leurs fusils déchargés et la poignée du couteau de chasse de l’un d’eux. Quant à l’ours, on ne sut jamais ce qu’il était devenu…

 

Rando Aranc 05/04/18
Avril est le mois du poisson, voilà pourquoi, nous avons choisi Aranc comme lieu de randonnée. Plusieurs hypothèses pour l’origine du nom dont une ne fait pas référence au poisson mais à l’aigle, encore que, l’aiglefin soit un poisson, mais l’aigle était germanique, peut-être pas très fin… Les habitants sont les randaoillards et randaoillardes.
Gilbert Bécaud a composé un opéra : l’opéra d’Aran, il faut savoir que l’Aran dont il est question est une île, c’est l’île Aran, hilarant ! ha ha ha ha!

Le val d'Aranc bordé, à l'est par les Monts d'Ain et le Tré Pellay au nord par l'Avocat, à l'ouest par la vallée de la Mandorne, culmine à une altitude moyenne de 780 mètres. Un marais borde le village au nord. Le Borrey qui devient Oignin à Maillat y prend sa source. Un lieu-dit dans le marais, porte le nom de Planche au curé, avec une passerelle en bois, au-dessus de la Jarine, qui permettait l'accès au Couvent des Dames et à l'église de Corlier pour le Curé d'Aranc. Entre les deux guerres, le "Père Clovis", facteur d'Aranc, passait par là, malgré sa superbe corpulence; l'acquisition d'un surprenant tricycle à moteur lui permettra, ensuite, l'abandon du trajet pédestre par la planche du curé.
Le calcaire fut exploité dans des carrières proches de Résinand et une mine de manganèse est signalée au début du XXe siècle mais assez vite abandonnée.
Le Calvaire des Trois Croix situé sur la colline nommée « Mont au levet », domine le village. Deux légendes se rattachent à ce calvaire, l’une se rapporte à la mort d'enfants abandonnés et l'autre fait le rapprochement avec le cimetière des lépreux.
Les croix en bois ont été remplacées en 1970 par des croix en métal. Les calvaires à 3 croix sont assez nombreux, ils évoquent la crucifixion de Jésus au Golgotha, la croix centrale étant celle de Jésus, les 2 autres celle du mauvais larron et celle du larron repenti.

En octobre 43, le colonel Romans-Petit nomme Maurice Nicole, ancien cheminot, à la direction du camp des Combettes pour accueillir et former à la résistance, essentiellement des réfractaires au STO et des déserteurs de l’armée allemande. Ce groupe comprendra une cinquantaine d’hommes, Marseillais, Alsaciens, Normands, Parisiens, Polonais déserteurs, et participera notamment au défilé du 11 novembre 43 à Oyonnax et à des actions de commandos à Tenay, Bourg, aux Neyrolles.
Comme il y a trop de camps dans la région d’Hotonnes, le groupe Nicole quitte les Combettes le 23 janvier 44 pour venir s’installer à la ferme Marchat occupée seulement l’été par ses propriétaires demeurant à Résinand.
Le 6 février 44, il fait très froid, il est 10h du matin, une sentinelle monte la garde non loin de la ferme. Les allemands arrivent, la sentinelle donne l’alarme, aussitôt, tous les maquisards s’enfuient n’emportant que leurs armes. Les allemands envahissent la ferme, elle semble déserte, puis ils découvrent un jeune homme, dont on ne sait pourquoi il se trouve là alors que tous ses camarades se sont enfuis. Les allemands le conduisent derrière la ferme, ils l’abattent, il s’appelait Claude Bouteille, d’Ambérieu, il avait 20 ans.
Insolite, vous pouvez voir ici une chaloupe du débarquement de Normandie, achetée à un ferrailleur de Bourg pour servir d’abreuvoir, et qui a été installée là lorsque cet endroit est devenu maison du souvenir.
Evosges et ses hameaux de Marchat et Termand subirent de lourdes représailles pour avoir hébergé des maquisards, à ce titre, Evosges reçut la croix de guerre en 1948.

Rougemont, avec d ou t final avait son château dès le 12 ième siècle, sur 2 étages avec une chapelle au 2 ième étage, la seigneurerie devint même marquisat en 1696 dont dépendaient les seigneurs d’Aranc, Champagne, Corlier, Corcelles, Izenave et une partie de St Alban.
Les maisons de Rougemont, Aranc, sont très massives pour pouvoir engranger beaucoup de fourrage permettant de nourrir le bétail pendant les 5 à 6 mois que durait l’hiver, parfois plus, les toits sont en pente faible afin de retenir la neige isolante du froid.
Rougemont devrait sous peu connaître une renaissance avec Montcornelles, cité médiévale du 14 ième siècle bâtie sur le même principe que le château de Guédelon dans l’Yonne, avec les seuls moyens de l’époque, sur une durée de 40 à 50 ans, avec pour ambition d’attirer beaucoup de visiteurs, si possible 300000 comme chaque année à Guédelon.
Nul doute que notre ami Jacquouille visiteur du temps viendra participer au chantier et saura s’y illustrer, nous en aurons sûrement des échos.
Corveissiat et raquette Crêts du Jura 29/03/18
On trouve pour la chapelle de Saint Maurice d’Echazeaux, 2 graphies, soit d’Echazeaux, soit notamment sur les cartes : des Chasaux.
Cette église apparait sous le nom de St Maurice de la Roche en 1080 lors de la confirmation de sa possession par l’archevêque de Lyon à l’ Abbaye de St Claude (qui s’appelle alors St Oyen après avoir été Condat signifiant confluence en Celte).
A l’origine de l’église vers 850, quelques moines de Condat qui vinrent sans doute chercher la solitude sur ce rocher.
Cette chapelle remonterait, dans son état actuel, au début du 14e siècle. Elle a survécu aux saccages du 14e et du 17e siècle. En ruine, au 15e siècle, St Maurice devient St-Maurice des Chasaux, un Chasal étant un lieu en ruine. Les injures du temps et les négligences faillirent être fatales à cette église-mère, en 1655, un visiteur signale que les paroissiens étaient obligés, pour se chauffer, « de faire un grand feu au milieu de l'église », au 17e siècle elle n’était plus desservie. En 1849, elle échappa de peu à la démolition et en 1894, la sacristie et le porche furent supprimés et leurs matériaux remployés pour le portail et le mur du cimetière. Au 19e siècle l’église est abandonnée au profit de Corveissiat.
Cette chapelle est l’un des derniers témoignages d’un ensemble d’églises construites aux 13e et 14e siècles sur les hauteurs du Revermont. C’est pour cela que cette chapelle est classée Monument Historique en 1941. Initialement église-mère et chef-lieu, la commune de St Maurice a peu à peu été abandonnée au profit de Corveissiat dès le 17e siècle.
Du haut de la falaise, on jouit, à plus de 250 mètres, d’un panorama sur le château de Conflans (13e) qui gardait autrefois la frontière comtoise, sur le confluent de l’Ain et de la Valouse, et le lac de Conflans nommé la perle des perles.

Le 29 mars 1985 se suicidait Sœur Sourire auteure –compositrice-interprète de la chanson Dominique , seule chanson de langue française à s'être classée numéro 1 des ventes de disques aux États-Unis, et ce pendant tout le mois de décembre 1963. Claude en a changé un peu les paroles :
Cloches de Pâques Pâques Pâques
Volent pour Rome chaque année
Tous les chemins y mènent
Le dimanche elles reviennent
Et pondent des œufs colorés
Des cadeaux enrubannés.
A l’époque d’Internet
Plus rapide que le Jet
La cloche fait encore rêver
Les p’tits-yeux émerveillés.

Cloches de Pâques Pâques Pâques
Peuvent à leur retour sonner
Le printemps retrouvé
Oui l’hiver s’en est allé
Bien vite ce sera l’été
Tout recommence chaque année.
Père Noël et cloches de Pâques
Malbrough à la Trinité
Cocardes du 14 juillet
Et le premier Mai muguet

Cloches de Pâques Pâques Pâques Volez donc même fêlées
Tant qu’les œufs ne l’sont pas Tant pis si le chocolat
Qu’on trouve aussi souvent là Est lui cassé en éclats ! Ah Ah !

 

Charix 22/03/2018
En 1851, un violent incendie attisé par un vent violent anéantit une grande partie du village de Charix, 3 morts, 19 maisons détruites, 80 sans-abris.
Ça chauffait donc dur, mais pas de rapport avec la colline de Chauffon, éminence d’origine glaciaire sur laquelle fut érigée au 12 ième siècle, une chapelle puis une tour dont ne subsistent que les fondations. La vierge domine ce lieu depuis 1864.
La Fronde qui coule à Charix est jalonnée de plusieurs cascades dont la Camborne qui comme caborne signifie caverne, et à Moulin de Charix, Pissevache, nom qui fait référence à l’expression : pleuvoir comme vache qui pisse qui date de la deuxième moitié du XIXe siècle. Il s'agit d'une image pour dire qu'il pleut beaucoup puisque, effectivement, une vache qui urine déverse une quantité impressionnante de liquide dans l'herbe (4 à 5% de son

 

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